mardi 27 avril 2021

Les Batwas au Burundi (avril 2021)

 


« Plus marginalisé, tu meurs ! » Les Batwas au Burundi

Les Batwas, longtemps marginalisés,  se mettent debout grâce entre autres à « Action Batwa ».

Les Batwas du Burundi peuvent être comparés aux pygmées d’autres pays d’Afrique, bien qu’ils n’en aient pas le type physique. C’est un groupe très minoritaire parmi la population du Burundi (composée surtout de Hutus et de Tutsis). C’est le peuple autochtone de cette région des Grands Lacs qui étaient alors couverte de forêts. Chasseurs nomades, ils vivaient de la cueillette, des produits de la nature, pratiquaient un habitat et un artisanat rudimentaires (tissage et poterie). A l’arrivée des autres populations, ils se sont enfoncés dans la forêt, se marginalisant et rendant quelques services aux envahisseurs sédentaires. Ni la colonisation ni l’Eglise ne les ont touchés au début de la période coloniale, les institutions s’intéressant en priorité aux groupes les plus accessibles et les plus nombreux. Les Batwas étaient plutôt un objet d’étude ethnographique qu’une cible pour le « développement ». Au fur et à mesure du recul de la forêt à cause de l’extension de l’agriculture et de l’élevage, les Batwas se sont retrouvés sans terre. Aujourd’hui, ils ne représentent qu’un pour cent de la population du pays, ce qui n’en fait pas une priorité pour les politiciens ou les stratèges ! Mais ce sont des êtres humains ! et un peuple très accueillant, comme j’ai pu le constater en les visitant du côté de Bubanza (voir photo). Ils forment des petits villages sédentaires sans terres et ont perdu leurs activités traditionnelles. Pratiquant l’endogamie, ils vivent dans une grande promiscuité.

D’une extrême pauvreté, la plupart d’entre eux n’avaient pas d’état civil jusqu’il y a peu, et n’avaient donc pas accès aux soins de santé. Les enfants étaient rarement scolarisés, le taux de mortalité infantile reste très élevé, entre autres à cause de la pauvreté de l’habitat et du manque d’hygiène et de soins. Ce sont les plus pauvres et les plus marginalisés du Burundi. Même les paroisses n’arrivent pas à se pencher sur leur sort, submergées par une importante population pratiquante qu’elles arrivent à peine à gérer.

Il a actuellement de belles lueurs d’espoir grâce à diverses initiatives de reconnaissance et de promotion de cette population. Parmi celles-ci, une des premières fut l’« Action Batwa » commencée par les Missionnaires d’Afrique en 1999. Parmi les animateurs, le Père ougandais Elias s’est intéressé à leur sort et leur a consacré son mémoire de maîtrise. Il a fallu commencer par l’apprivoisement, les visites amicales, l’écoute, le temps consacré à la présence pour créer la confiance et découvrir les problèmes de cette population si attachante. Petit à petit, l’« Action Batwa » a acheté des terres pour pouvoir leur garantir une sécurité de l’habitat et sur le plan alimentaire. Plus de 120 villages sont déjà concernés par cette action. Environ 1800 maisons ont été construites avec leur participation, des enfants envoyés à l’école (3000 dans le primaire et 200 dans le secondaire, quelques-uns déjà à l’université), un état-civil établi pour faciliter l’accès aux aides du gouvernement et l’enregistrement des mariages. Des micro-crédits sont alloués qui leur permettent de commencer de petits élevages (porcs, chèvres) et des cultures avec des semences sélectionnées.

On leur donne également une formation sur leurs droits fondamentaux et sur la participation à la société civile. Petit à petit, ils deviennent conscients de leur dignité et osent prendre part à la vie communale (par exemple comme conseillers).   Sur le plan politique, la représentation des Batwas reste symbolique et ce n'est que récemment qu'un petit nombre d'entre eux a fait une timide entrée dans certaines institutions étatiques par cooptation, comme au Sénat et à l'Assemblée nationale. Cela n’efface par la situation de marginalisation qu’ils subissent au quotidien, mais toutes ces petites avancées sont comme une aurore qui se lève. Les Batwas ont créé leur propre association, ils pratiquent le crédit-épargne entre eux. Ils ont commencé à s’organiser entre eux, ce qui est un des objectifs d’« Action Batwa ». Les missionnaires d’Afrique ont soutenu le projet de diverses façons, tout en restant discrets sur le plan de l’évangélisation. Le projet est reconnu « association sans but lucratif » par l’Etat et l’objectif n’est pas de convertir les gens. Cependant, la disponibilité des missionnaires pour ces exclus, leur présence discrète mais fidèle, éveillent des attentes sur le plan de la foi. Certains se sont inscrits pour le catéchuménat. Mais les animateurs de ce projet se refusent à en faire un moyen pour attirer des gens vers une Eglise plutôt qu’une autre. 

Le plus difficile, pour des populations longtemps opprimées, est de faire évoluer une mentalité de dominés et de dépasser leur sentiment d’infériorité. C’est une œuvre de longue haleine qui prendra plusieurs générations.  Elle demande aussi un changement de mentalité de la part des autres groupes ethniques, des fonctionnaires de l’Etat, des bailleurs de fonds qui posent déjà des gestes de soutien ponctuels (d’autres ONG  s’y intéressent). Enfin, d’après le Père Elias, une dynamique irréversible s’est mise en place et l’avenir est prometteur, surtout si le gouvernement accepte d’y prendre activement sa part.

Bernard Ugeux

jeudi 22 avril 2021

POEME ANTIDOTE (du 22 avril 2021)

 

POEME

ANTIDOTE

1ère PARTIE

Je m’exprime, fini l’attente
Mon silence a pris son temps
Et dans ce noir ça fait longtemps
Que j’attends ce moment

Ce moment de guérison, où aimer est une mission
Où on a gagné la guerre contre la discrimination
Où à l’horizon, le progrès est la seule saison
Où on partage la même vision, celle de bâtir une nation
Je suis venu rechercher la vie de rêve qu’on a perdu
Reprocher les actes qu’on a faits alors qu’on n’aurait jamais dû
Retracer la voie d’une nouvelle vie par mes dires
Pour que notre futur soit bénéfice
Et le passé juste un mauvais souvenir

Ça c’est moi l’antidote
Et d’un pouvoir, suis doté

Le pouvoir de ressembler, tout reconstruire, tout relancer
L’amour, le vide qu’on doit combler par
Cohabitation et vivre ensemble.

Que nos droits et nos devoirs remplacent nos armes jadis en main
Que la RUMBA au clair de la lune remplace les pleurs de nos mères
Et qu’en mémoire de nos frères ; de nos sœurs et de nos Pères
Que notre avenir soit plus sucré et que faire le mal soit plus amère


R/ Est-ce possible, combler ce vide de mon peuple qui manque d’amour ?

Oui ça nous concerne tous, ensemble bâtissons ce tour
Je veux croire en un meilleur lendemain
Où les armes n’ont aucune place dans nos mains
Où même dans des cours des pierres
Mes mots doux se frayent un chemin
Où le jour de joie c’est aujourd’hui et pas demain
Mais est-ce que c’est possible ? C’est possible !

Ilème Partie

J’ai découvert que j’aurais une place comme écolier dans cette société mais pas un

enfant soldat armé

J’ai découvert que je pourrais servir à la société pas comme bandit ni malfaiteur mais

par l’envie de travailler

J’ai découvert que je pourrais servir à l’humanité pas comme seigneur de guerre

mais comme artisan de l’unité.

Et que ma lutte soit patriotique et bénéfique pour ma nation au lieu de me battre pour

régner

Je crois en nous deux, puisque je ne crains plus le pire
Je vois l’amour en toi à chaque fois que je te fais sourire
C’est l’homme qui a détruit alors viens on va tout reconstruire
La route est longue, viens qu’on vive ensemble cette aventure
Viens qu’on arrête d’être toujours en rage
Toi qui es l’une des couleurs qui embellit mon paysage
Viens qu’on arrête de s’en vouloir pour ce ravage,

Qu’on vive notre paradis en faisant passer ce message
Viens qu’on y mette un arrêt

Au tribalisme, à la soif du pouvoir, aux guerres des intérêts.

Viens oublie tout ça, qu’on vive ensemble et qu’on avance jusqu’au prochain arrêt
Viens construire ce pays, viens construisons ce Congo

vendredi 9 avril 2021

Lettre de la Savane N°45, d'avril 2021

 Chères amies, chers amis,

Nous voici dans la lumière de l’Octave pascale, pour celles et ceux parmi nous qui sont chrétiens. Belle fête de la Résurrection ! Nous croyons que la Vie et l’Amour continueront à l’emporter sur la haine, la mort, le mal…et la Covid 19 ! On n’a pu garder le Christ confiné au tombeau !  Ici, les célébrations ont été d’autant plus appréciées que l’année dernière le confinement nous avait empêchés de célébrer. Toute ma sympathie pour ceux et celles d’entre vous qui ont été encore une fois interdits de célébration dans tel ou tel pays d’Europe ou d’Afrique. Personnellement, j'ai pu animer une retraite pascale pour une bonne trentaine d'étudiants universitaires dans un site entouré d'une chaîne de montagnes, chez des frères Maristes. Étant entre nous, nous avons pu introduire un certain nombre de gestes, entre autres inspirés de Taizé (la croix sur le sol), qui les ont beaucoup touchés et parfois même bouleversés. Le thème de l'enseignement était l'encyclique du pape Fratelli tutti, « Tous frères et sœurs ».


L'investissement de ces jeunes, la belle préparation, entre autres, des célébrations, l'explosion de joie au cœur de la nuit pascale après une prière de guérison qui clôturait le rituel de bénédiction de l'eau baptismale, tout cela m'a réjoui. Je les ai sentis remontés au moment de revenir à Bukavu. Pour un certain nombre d'entre eux, c'est une véritable galère pour trouver l'argent pour payer leurs études ou envisager de se fiancer ou commencer un ménage. Je suis très touché par leur courage et leur moral à travers tout. Même si certains sont inquiets. Près de la moitié ont demandé un rendez-vous personnel pendant ces trois jours, et ce furent des moments souvent forts.

Depuis ma dernière circulaire, j’ai eu l’occasion de donner diverses formations à des jeunes, laïcs ou consacré(e)s, chez qui j’ai senti un grand désir de s’ouvrir au monde, de se former et de profiter d’un interlocuteur adulte avec lequel on peut poser des questions sans tabou (comme par exemple la question du coup de foudre pour une consacrée). Ce fut particulièrement le cas pour un groupe de 90 jeunes religieuses (un à trois ans de vœux temporaires) lors d’une session sur « Vie communautaire et intelligence émotionnelle. Comment gérer ses émotions ». C’est évidemment une question sensible quand on vit en communauté, et en couple d’ailleurs. Même si le téléphone portable commence à se répandre ici aussi, il y a toujours une soif d’apprendre et de découvrir qui est très stimulante pour les formateurs et les formatrices.


Nous avons aussi fêté la journée (et le mois) de la femme avec les formateurs et formatrices (photo ci-dessous) du Centre Nyota, qui accueille 250 filles vulnérables en journée,  ainsi qu’une délégation d’élèves qui ont présenté des danses autour du thème de l’éducation à la paix. [1]Ces danses font partie des exercices corporels pour réduire les séquelles des traumatismes que certaines ont vécus.


Je suis toujours frappé que, presque chaque fois que des enfants ou des jeunes présentent des sketches lors d’une fête, cela tourne autour de la guerre, de la violence, des victimes. Cette région d’Afrique en est profondément marquée.

Pour améliorer l’aide que nous apportons à ces jeunes, nous avons lancé trois nouveaux projets. Tout d’abord, nous avons engagé des démarches pour que les 147 filles sur 250 qui n’ont aucun papier obtiennent un certificat de naissance et ensuite une carte d’identité. Qu’elles soient autonomes après avoir appris un métier chez nous. Une bienfaitrice suisse va financer ces diverses démarches. Ensuite, parmi l’ensemble des élèves, une bonne quarantaine sont en état de grave malnutrition et nous leur procurons tous les jours une bouillie protéinée pour les aider à se refaire une santé. Enfin, nous lançons des « clubs de la paix » pour que ces jeunes, qui ont été victimes de tant de maux, deviennent des acteurs de paix à leur retour dans leur milieu. Nous sommes soutenus dans ce projet par la communauté de Sant’Angelo de Milano (Italie).

Par ailleurs, discutant avec un confrère congolais, j’ai mieux pris conscience que la capacité de résilience collective de la part des populations opprimées, dominées et affamées par ici risque de se retourner contre elles. On finit par penser qu’on peut tout supporter, et que la descente aux enfers peut encore continuer longtemps, car on semble ne jamais atteindre le fond, pour rebondir dans un mouvement de survie. Inutile de préciser qui en profite… En tout cas, la tension monte actuellement autour de nous du côté de certains groupes armés.

En outre, le site AfriqueAnalyse considère que « plus de deux ans après l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, le bilan économique est désastreux. Gabegie, corruption, absence de l’État sont quelques-uns des maux. La communauté internationale est de plus en plus réticente à accorder son aide à ce pouvoir. (…) En 2019, près de 1 500 000 tonnes de cuivre et 80 000 tonnes de cobalt ont été exportées des deux provinces [minières]. En plein boom du prix des matières premières, ces exportations records expliquent difficilement la quasi-faillite à laquelle le pays fait face. Surtout si on ajoute 33 tonnes d’or non raffiné exporté à partir du Kivu et de l’Ituri. (…) En réalité, pour près de 100 millions d’habitants, les dépenses liées à la croissance et les espaces budgétaires dégagés pour les investissements publics ont atteint le montant dérisoire de 125 millions de dollars, soit 1,6 % du PIB congolais. »

Ce qui continue à freiner le décollage de l’économie, c’est le manque d’infrastructures, et surtout de routes, alors que le pays a un potentiel agricole et hydraulique exceptionnel, et qu’il a été autosuffisant sur le plan alimentaire dans le passé. La plupart des vivres sont actuellement importés de l’étranger, pas seulement des pays voisins, car le riz peut venir du Pakistan... alors que des Provinces en produisent.

A propos de la pandémie de la Covid 19, avec 28 000 cas confirmés (sur  plus ou moins 90 millions d’habitants) depuis son apparition et 739 décès, la RDC a été largement épargnée. Il faut cependant reconnaître que les statistiques sont peu fiables, étant donné qu’on ne teste généralement que les voyageurs qui prennent l’avion. Quant au vaccin, la vaccination n’a pas encore commencé à l’heure où j’écris ces lignes. Dans un Billet pour la revue La Vie, j’écrivais : « On est d’autant plus étonné du peu de propagation de la pandémie quand on considère le peu de sérieux avec lequel les gestes barrières et les consignes sanitaires sont respectés. Les transports publics et les marchés sont bondés et le masque n’est pas porté la plupart du temps. Rien que se laver régulièrement les mains pose problème, les gens n’ayant pas les moyens d’acheter du gel hydroalcoolique et beaucoup n’ont pas accès à l’eau courante, en ville comme en milieu rural. En outre, les statistiques sont rarement fiables. D’un côté, elles peuvent être forcées (par exemple, le nombre de personnes hospitalisées ou décédées) dans le but d’obtenir des subventions importantes de l’étranger, que se partagent parfois les autorités sanitaires aux dépens des populations. De l’autre, elles sont sous-estimées car certaines personnes contaminées ont peur de se déclarer et d’être enfermées en quarantaine quelque part. Certaines se confinent elles-mêmes à la maison, d’autres utilisent des herbes médicinales qui, par inhalation et sudation, peuvent donner de bons résultats. Plusieurs personnes qui ont été atteintes dans mon entourage se sont contentées de s’isoler une ou deux semaines sans aucun médicament officiel ».

UNE INVITATION

Pour moi, l’année 2021 est particulière. Le 19 mai j’aurai 75 ans, le 20 juin, 45 ans d’ordination presbytérale et début septembre, 50 ans depuis mes premiers pas en Afrique centrale. C’est l’occasion de rendre grâce et de célébrer la vie. Si la pandémie le permet, il y aura une fête chez mes amis Michèle et Philippe Nouvellon, à Parisot (Tarn) le samedi 11 septembre 2021.

Un grand merci à ceux et celles qui nous aident,  au nom de ceux et celles qui en bénéficient ! Notre objectif est de les rendre autonomes demain.



Les trois jeunes femmes qui, comme dans les évangiles, ont annoncé la résurrection du Christ aux apôtres, lors de notre retraite. A chacune et chacun, elles sont venues proclamer avec une grande joie : « j’ai vu le Seigneur ». On oublie trop souvent que c’est à elles que Jésus a d’abord confié cette bonne nouvelle.

Si vous voulez vous abonner à cette lettre, adressez-vous à Germes d'Espérance germesdesperance@gmail.com

Pour le site de La Vie, mon blog a été remplacé par un Billet. Si vous voulez retrouver mes posts et mes billets, allez sur le site et mettez mon nom dans rechercher : www.lavie.fr/ Sans oublier notre site qui vient de changer de nom et de se renouveler ! Vous y retrouverez mes Lettres de la Savane et mes blogs et billets pour la revue La Vie, plus des articles et photos. https://germesdesperance.blogspot.com/p/accueil.html



[1] Ce que vivent les jeunes qui apprennent la couture à Nyota. https://1drv.ms/u/s!AuMalqelnvJ1he54ti7eYfdhPCXd_Q?e=vwRzDT.

jeudi 8 avril 2021

Sud-kivu, une retraite s'est organisée à Nyangezi avec les jeunes ( avril 2021).

 

    J’ai animé une retraite pascale pour une bonne trentaine d'étudiants universitaires du Mouvement Marial dans un site entouré d'une chaîne de montagnes, chez des frères Maristes. Étant entre nous, nous avons pu introduire un certain nombre de gestes, entre autres inspirés de Taizé (la croix sur le sol), qui les ont beaucoup touchés et parfois même bouleversés. Le thème de l'enseignement était l'encyclique du pape Fratelli tutti, « Tous frères et sœurs ». L'investissement de ces jeunes, la belle préparation, entre autres, des célébrations, l'explosion de joie au cœur de la nuit pascale après une prière de guérison qui clôturait le rituel de bénédiction de l'eau baptismale, tout cela m'a réjoui. Le dimanche de Pâques, avant le début de l’eucharistie, trois jeunes femmes ont, comme dans les évangiles, annoncé la résurrection du Christ aux apôtres. A chacune et chacun des participants, elles ont proclamé avec une grande joie : « j’ai vu le Seigneur ». On oublie trop souvent que c’est à elles que Jésus a d’abord confié cette bonne nouvelle.

A la fin de la retraite, je les ai sentis remontés au moment de revenir à Bukavu. Pour un certain nombre d'entre eux et d’entre elles, c'est une véritable galère pour trouver l'argent pour payer leurs études ou envisager de se fiancer ou commencer un ménage. En effet, il n’existe aucune création d’emploi dans la région. Je suis très touché par leur courage et leur moral à travers tout. Même si certains sont inquiets pour leur avenir

P. Bernard Ugeux

jeudi 25 mars 2021

Journée internationale de la femme au centre Nyota/Sud-Kivu (le 25 mars 2021)

 

SUD-KIVU, à l’occasion du mois de la femme.


Le centre Nyota qui contribue à promouvoir la femme et son épanouissement à travers un encadrement des filles dans différentes formations professionnelles pour leur autonomie, a organisé ce mercredi 17 mars 2021, une fête de la femme avec les encadreurs et apprenant de ce centre.

mardi 23 mars 2021

Billet sur le COBALT AFRICAIN, (23 mars 2021)



Quand les voitures électriques lorgnent vers le cobalt africain, des enfants en font les frais.

Le fait qu’une proportion importante de cobalt soit produite artisanalement par des enfants dans des conditions toxiques oblige à s’interroger sur la généralisation proche des voitures électriques dans les conditions actuelles.

La RDC possède les mines de cobalt les plus productrices du monde, plus de la moitié du cobalt utilisé mondialement. Il existe aujourd’hui une demande accélérée pour des accumulateurs rechargeables (batteries) fabriqués sur base de l’oxyde de lithium et de cobalt, un secteur représentant 49% de la demande globale de cobalt. Ces accumulateurs rechargeables sont jusqu’à présent les plus prisés dans la fabrication des véhicules électriques, à cause de leur forte capacité de stockage d’énergie permettant ainsi leur utilisation sur une plus longue durée[1]. Tous les efforts sont faits pour que la production puisse répondre à la demande mondiale constamment élastique. L'Est de la RDC, où se trouvent les mines, abrite des centaines de milliers d’enfants qui creusent pour fournir les minéraux qui seront utilisés par Apple, Google et d'autres sociétés géantes.

L'expert en développement mondial Siddharth Kara a beaucoup écrit sur la signification de ce minerai pour les géants de la technologie. En 2018, il note que "les enfants travaillent 12 heures par jour, certains pour seulement 2 dollars par jour, creusant et transportant des sacs de roches riches en cobalt, sans protection, participant à la course chaotique pour ce produit extrêmement précieux"[2]. La toxicité du cobalt est de nature radioactive et un organisme qui y est exposé soit par ingestion ou inhalation peut en souffrir gravement. Le cobalt est en outre classé comme un cancérogène possible. Il pourrait aussi être à l’origine de problèmes cardiaques et d’affections pulmonaires[3].

Ces enfants sont à la merci de maîtres d'œuvre qui sont généralement des fonctionnaires corrompus ou même des forces rebelles. Le gouvernement du Congo ne semble pas capable d'assurer la sécurité des vies et des biens de ses habitants dans les villes minières. Or, cet artisanat minier produit au moins 20% de l’exportation. Le débat entre les deux géants suisses du secteur minier, Glencore International et Trafigura, pour savoir quelles conditions de travail il faut offrir aux milliers des creuseurs, trouve ici tout son sens. Pour Glencore, l’artisanat minier n’a plus sa place malgré le chiffre impressionnant de tonnes des minerais extraits par les creuseurs artisanaux. Trafigura semble avoir une lecture plus réaliste du contexte local. Selon ce géant suisse, il y aurait 110.000 à 200.000 (!) creuseurs artisanaux qui fournissent 20 à 40% du cobalt congolais et dont il faut tenir compte en intégrant le travail des artisans miniers dans la grande industrie minière au Katanga. Il a signé un contrat avec la compagnie Chemaf qui mène un programme pilote d’encadrement et de régularisation de l’activité minière artisanale[4]. Il s’agirait entre autres de contrôler les creuseurs et de limiter l’entrée des mines aux plus de 18 ans. La tâche est immense vu le nombre des destinataires potentiels.

Récemment, les sociétés BMW, BASF, Samsung SDI et Samsung Electronics ont lancé en octobre 2020 en RD Congo, le projet « Cobalt for Development », visant à former plus de 1500 exploitants artisanaux du cobalt d’ici à la mi-2021. Ces ‘grands consommateurs’ du cobalt produit en RD Congo veulent ainsi comprendre et relever les défis de l’exploitation minière artisanale responsable à travers ces formations pour douze coopératives minières artisanales à Kolwezi, dans la province du Lualaba (sud-est de RD Congo).


« Le cobalt joue un rôle essentiel, malgré une quantité décroissante de matière première dans les nouvelles générations de batteries pour véhicules électriques. Grâce à cette initiative, nous souh
aitons renforcer notre stratégie de matières premières durables en ayant un impact sur le terrain – en étroite coopération avec des partenaires solides », a déclaré à la presse Ullrich Gereke, responsable de la stratégie d’approvisionnement de Volkswagen cité dans un communiqué. Le groupe a récemment rejoint l’initiative en tant que nouveau partenaire[5].

Cette initiative louable ne touchera cependant qu’un tout petit pourcentage des jeunes (garçons et filles) qui sont privés de scolarité et se détruisent la santé dans cet artisanat gravement toxique, sans aucune couverture médicale.

Serait-ce une invitation à s’interroger sur le label de propre et d’éthique attribué aux véhicules électriques dont il est prévu d’en produire des millions[6] (sic) durant les années à venir ? Quelle traçabilité et quelle protection mettre en place dans ce commerce mondialisé ?



[1] Aloys Tegera, Senior Researcher, Les enjeux du Cobalt Congolais, Pole Institute, Goma (RDC) Décembre 2019, 20 p. Non publié.         

[2]https://face2faceafrica.com/article/congoisbleeding-new-hashtag-draws-attention-to-deadly-exploitation-in-congolese-minesOpinion and features  by Nii Ntreh, Oct 22, 2020

[3] Aloys Tegera, ibidem.

[4] Ibidem.

[5] Financial Afrik, Nathanael Mavinga, « RDC : BMW, SAMSUNG et Volkswagen forment plus de 1500 exploitants artisanaux du cobalt »,  2 novembre, 2020.

[6] La COP 21 tenue à Paris ambitionne vouloir atteindre 100 million de véhicules électriques ainsi que 400 million d’engins électriques à deux roues en 2030 et estimerait une demande de 1,2 million de tonnes de cobalt pour atteindre son objectif. Cf. EU, « Cobalt : demand – supply balances in the transition to electric mobility », 2018.

mercredi 24 février 2021

Sud-Kivu, le Foyer Ek'Abana adresse un message de condoléance à la communauté Italienne, (24 février 2021)

 

MESSAGE DE CONDOLEANCE ADRESSE A LA COMMUNAUTE ITALIENNE VIVANT AU SUD – KIVU EN PARTICULIER ET EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO EN GENERAL

        C’est avec une grande consternation que nous, agents et enfants du Foyer Ek’Abana, membre de la Caritas développement de l’Archidiocèse de Bukavu, qui s’occupe des enfants en situation difficile, avons appris avec regret la mort par assassinat de l’ambassadeur Italien            LUCA ATTANASIO à Nyiragongo au Nord – Kivu le 22 février 2021.

Nous regrettons la persistance des crimes des innocents dans notre pays la République Démocratique du Congo et surtout dans la partie Est du pays par les groupes armés et de l’insécurité qui se vit partout.

Nous exprimons nos sentiments de compassion à la famille de l’illustre disparu.

Que Dieu puisse les fortifier à supporter cette douleur inopportune et les apporte une consolation. QUE SON AME REPOSE EN PAIX.

Toutefois, nous partageons cette douleur avec la communauté Italienne dans notre pays et tous ensembles gardons notre espérance dans le Seigneur Jésus Christ qui voit tout et qui est le compatissant.

Cet évènement douloureux pousse à inviter notre gouvernement à sécuriser valablement les personnes et leur bien pour promouvoir le développement de notre pays et donner une bonne image aux autres pays qui ont la bonne volonté de nous accompagner dans le progrès de notre population en général.

Nous, enfants et les agents du Foyer Ek’Abana, nous nous unissons dans la prière avec la communauté Italienne.

 

Au nom des enfants et agents du Foyer Ek’Abana

BANYWESIZE RWIZIBUKA Joseph


                       Coordinateur Adjoint

https://germesdesperance.blogspot.com/message-de-condoleance-ekabana-sud-kivu 

Situation humanitaire à l’Est de la RDC, des milliers des victimes prennent refuges au Burundi.

Source photo : mediacongo.net Guerre dans l’Est de la RDC, plus des 17 853 victimes venant d’Uvira, Walungu, Bukavu, Sake, Kamanyola, Minova...