vendredi 5 janvier 2024

NOUVELLE LETTRE DE LA SAVANE N°56 de janvier 2024


Cher(es) ami(e)s,

Je vous souhaite une année 2024 …. qu’ajouter ? …où vous trouverez la paix du cœur et l’espérance à travers tout… et que sera ce tout…. ? choisissons la confiance. Le pire n’est pas le plus sûr, et cela dépend aussi de nous.

J’ai attendu le début de cette année et la publication des résultats des élections en RDC le 31 décembre pour vous écrire. Germes d’Espérance n’a jamais autant mérité ce nom dans un monde où l’espoir de paix semble s’amenuiser sans cesse. Que ce soit l’invasion de l’Ukraine, le massacre injustifiable du peuple palestinien à la suite des attaques tout aussi injustifiables du Hamas contre Israël, (les deux communautés ont droit à la sécurité), la destruction du Soudan par deux chefs de guerre en compétition dont la soif de pouvoir a entraîné le déplacement de neuf millions de réfugiés, ou la situation de guerre en RDC qui a provoqué ces dernières années le déplacement de sept millions de personnes entassées dans des camps ou des villages dans des conditions indescriptibles…, etc. Regarder les informations télévisées devient une épreuve affective et psychologique. Pourtant, si nous arrivons à dépasser la partialité de la plupart des médias, nous savons qu’il y a sur notre planète – et particulièrement là où il y a de grandes souffrances – beaucoup plus de gestes d’amour et de solidarité que de haine et de rejet. Et cela je le vis au quotidien au milieu des populations démunies que je croise chaque jour. Avec l’inflation galopante actuelle, qui précarise nos projets, des familles entières ne mangent qu’une fois tous les deux, trois jours. La solidarité fait des merveilles mais ne remplace pas l’absence d’un État efficace.

Quelques bonnes nouvelles de cette année

La libération de notre confrère allemand Ha-Jo Lohr enlevé par les djihadistes au Mal, il y a plus d’un an, et qui a pu rejoindre sa famille sain et sauf. Deux autres confrères avaient été enlevés au Nigéria et libérés après quelques semaines. Avec la percée des islamistes en Afrique Noire l’enlèvement de religieux est de plus en plus fréquent.

La construction d’un atelier de 6 m sur 10  pour l’école de menuiserie de Kamituga grâce à l’aide de l’association toulousaine Garonne Animation et d’autres personnes, que nous remercions de tout cœur. Nous commençons ce mois-ci. Y  sont formés chaque année trente jeunes issus des mines d’or où ils étaient exploités. Cet atelier sera équipé de machines à bois électriques. Celles-ci amélioreront le niveau de compétence de nos élèves et donc leurs chances d’être embauchés dans les menuiseries locales. Il nous faut encore trouver l’argent pour les machines à bois.

Remise du brevet et du kit de réinsertion à un finaliste de l’école de Kamituga.

Le centre Nyota accueille cette année deux cents soixante filles vulnérables (pour une durée de trois à cinq ans) dont un certain nombre ont été victimes de traumatismes sérieux.  La rentrée s’est bien passée et la proclamation des résultats trimestriels a été agrémentée de différentes productions culturelles présentées par chaque classe : danses, mise en scène de l’annonciation, de la visitation et de la nativité, chants, récitations, etc. L’esprit reste très bon. A la demande des formateurs et des jeunes, nous avons acheté 5 PC pour commencer une initiation à l’informatique en vue de former à l’e-commerce. A l’occasion de fêtes comme celle de Noël, elles sont nombreuses à présenter des danses rythmées sur des musiques contemporaines.


Les voir se trémousser ainsi dans la joie et la détente est pour nous un signe émouvant de leur résilience et de la réappropriation de leur féminité après tout ce qu’elles ont souvent subi. Nous continuons à fournir de la bouillie protéinée à une soixantaine de filles les plus sous-alimentées. Cependant, nous recevons cette année des victimes de la guerre qui sévit dans la province d’à côté qui est en état de siège (Nord-Kivu) et est en partie occupée par des groupes rebelles soutenus par l’étranger. Les formateurs ont constaté qu’une cinquantaine de nos filles sont particulièrement fragiles. Certaines passent par des moments de décompensation avec évanouissement en classe en lien avec les souvenirs traumatiques qui les habitent. Elles demandent un suivi particulier avec un thérapeute professionnel que nous devons financer en plus de l’équipe actuelle.

Le rejet de la déclaration récente du pape François à propos de la bénédiction des couples en situation irrégulière.

L’épiscopat de Zambie, parmi de nombreux autres, rejette le décret du pape François

Le décret Fiducia supplicans qui concerne les couples en situation irrégulière a provoqué une levée de boucliers généralisée dans l’ensemble des Eglises d’Afrique. Pour des raisons en grande partie culturelles, les homosexuels sont perçus comme des êtres pervers qui ont choisi librement le vice pour s’y vautrer de façon honteuse. De nombreux Etats africains criminalisent l’homosexualité. Du coup, l’idée de bénir des couples de ce genre devient insupportable même à des prélats et des professeurs de théologie et de philosophie, parfois formés en Europe. Le rejet est continental. Sur les médias sociaux, ce fut une véritable curée. Je soupçonne certains hauts responsables de ne pas avoir lu sérieusement ou compris ce document de 10 pages, nuancé, mais bradé à partir de comptes-rendus médiatiques tendancieux. La réaction a été tellement émotionnelle et rapide qu’il n’y avait pas la place suffisante pour l’étude et le discernement à mon avis. Et les prises de position musclées se sont envolées… Il faut cependant reconnaître le manque de pédagogie du Vatican qui n’a pas préparé le terrain pour l’accueil d’un document qui risquait d’être controversé et l’absence de prise en compte des différences culturelles selon les continents. La culture vaticane ne représente pas la grande variété culturelle de notre planète, tant s’en faut.

Des efforts de pédagogie

Nous essayons d’expliquer à nos étudiants et à nos paroissiens le sens profond de ce document : il n’est pas question de mariage, et une bénédiction n’est pas une approbation d’un état quelconque mais un soutien spirituel à des couples en situation difficile. Cela m’a rappelé le scandale provoqué par la publication en 1968 d’Humanae Vitae chez beaucoup de catholiques convaincus. À cette occasion de nombreuses conférences épiscopales ont dû expliquer la position du pape Paul VI concernant l’interdiction de la contraception et fournir un « mode d’emploi » qui faisait appel à la conscience personnelle et au discernement. Il faut savoir qu’en Afrique la contraception est toujours interdite dans l’Eglise catholique.

Après seulement 100 à 150 années passées depuis le début de la première évangélisation, il faut comprendre que l’inculturation du christianisme n’est qu’à ses débuts sur ce continent et qu’il faut longuement patienter.

Les élections en RDC

Un engouement louable malgré une logistique déficiente et peu d’illusion sur l’issue des votes

Nous venons de vivre une période électorale agitée. Ces élections étaient attendues depuis longtemps et concernaient la présidence de la république, les chambres et les municipalités. Beaucoup sont allés voter mais un certain nombre n’ont pas réussi. L’élection du Président se faisant à un seul tour alors qu’il y avait plus de 20 opposants qui n’ont pas été capables de se mettre d’accord entre eux pour un candidat commun, on ne doit pas s’étonner des résultats. C’est le Président sortant qui est réélu. Cependant, la crédibilité des résultats reste questionnée à cause de témoignages de désordres et d’irrégularités qui circulent. Les grandes Eglises, la société civile, des organismes étrangers ont observé le déroulement des élections et ont reconnu des limites dans l’organisation. Un système de dépouillement parallèle à celui de la Commission Nationale électorale (CENI) rendra compte des éventuelles divergences qui seront signalées et de la validité de recours.

Notre communauté de formation Missionnaires d’Afrique.

Nous sommes organisés en 4 équipes de formation : voici les joyeux lurons de la mienne.

Cette année nous battons les records d’affluence dans notre maison de formation où quatre formateurs se consacrent à la formation de 38 jeunes de 10 nationalités différentes dont une demi-douzaine d’une autre congrégation. Ils suivent les cours de philosophie dans un consortium intercongrégationnel missionnaire, où j’enseigne également. En revenant il y a 2 ans dans ce centre de formation dont j’ai été cofondateur en 1981, je suis contraint de me replonger dans l’enseignement de la philosophie ce qui me demande d’abord de me recycler moi-même, après 40 ans. À mon âge et avec les engagements caritatifs et humanitaires que j’assume aujourd’hui, ce genre de cours me demande un certain détachement tant l’abstraction me paraît loin du combat des gens qui sont autour de nous. Pourtant, il est bien nécessaire de former sérieusement les séminaristes à l’esprit critique. La preuve en est le dérapage émotionnel d’une grande partie du clergé africain face à la proposition d’une petite bénédiction privée pour des couples en situation irrégulière…  Beaucoup de bruit pour peu de choses.

La formation permanente continue pour moi

J’ai beaucoup réduit mon engagement dans ce domaine mais cela ne m’empêche pas de répondre à certaines demandes de formation principalement dans la région des Grands Lacs. Par exemple, 3 jours d’initiation à l’interculturalité - comment vivre les différences culturelles comme une richesse et non comme une menace – pour les jeunes confrères en première année de formation à Goma, provenant du Rwanda, du Burundi et de RDC.

Je participe aussi à la formation des formateurs au centre Amani des jésuites. J’aime beaucoup donner les quatre jours d’initiation à « vivre en communauté fraternelle » à l’internoviciat qui regroupe un certain nombre de novices provenant des 25 congrégations féminines de Bukavu. S’y ajoutent des week-ends pour les jeunes religieuses qui viennent de faire profession et pour celles de profession solennelle.

Cette année je me suis aussi lancé dans la formation des choristes liturgiques avec plaisir. Je chante dans une chorale depuis l’âge de 8 ans. J’ai enfin initié nos jeunes confrères philosophes à l’importance de leur engagement dans la protection des mineurs et des personnes vulnérables dans leur engagement pastoral.

Oui, la vie continue. Merci encore pour votre soutien !


Chapelle de la maison de formation des Missionnaires d’Afrique à Bukavu. Avec Gabriel Ducroquet en visite chez nous.


jeudi 21 décembre 2023

Elections en République démocratique du Congo prévue pour ce 20 décembre 2023

 

La République démocratique du Congo (RDC) est entrée dans la dernière ligne droite avant les élections générales du 20 décembre 2023 : présidentielle, législatives, provinciales et communales partielles.

Un scrutin qui se fera, comme en 2018 avec le système électronique de vote (DEV), ce que l’on appelle plus communément la machine à voter.

Depuis le dimanche 19 novembre, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a lancé des tests grandeur nature dans plusieurs antennes de la Céni à travers le pays pour s’assurer du bon fonctionnement du système.

Dans la capitale, Kinshasa, c’est au cœur d’une école de la Gombé que la Céni a posé ses valises pour tester ses machines à voter.

« Les machines sont déjà partout, elles doivent fonctionner », assure Madame Solange, agent de la Céni. Elle montre à la RFI la vingtaine de machines déjà testées et emballées.

L’électeur introduit son bulletin, fait son choix et le récupère. Le bulletin est conservé pour être compilé manuellement à la fin de la journée. Les résultats numériques, eux, partent directement par réseau mobile au centre de compilation. Et pour les zones sans réseaux, madame Solange teste le satellite : « Là, je suis en train de faire le transfert de RTS. C’est pour les endroits qui ne sont pas couverts. »

Pendant ce temps, c’est la mission d’observation de l’Union Européenne qui se disponibilise pour l’observation des élections en RDC afin de s’assurer que ça se passe dans la transparence.

La députée Suédoise Malin Björk avait détaillé le 21 novembre 2023 les contours d’une mission d’observation de l’Union Européenne qu’elle dirige dans le cadre des élections générales prévues en RDC le 20 décembre.

L’eurodéputée suédoise Malin Björk lors de la présentation de la mission d'observation de l'Union européenne pour les élections générales en RDC, le 21 novembre 2023 à Kinshasa. © Courtesy of MOE UE RDC

La campagne électorale bat son plein dans le pays. Elle a commencé le 19 novembre pour les élections générales prévues le 20 décembre : présidentielle, législatives et provinciales. Des élections communales partielles doivent aussi avoir lieu le 20 décembre, mais la campagne pour ce scrutin ne commencera que le 4 décembre.

Ce scrutin sera observé notamment par l’Union Européenne (UE) qui a envoyé une mission sur place.

Actuellement, il y a une dizaine d’experts électoraux qui sont en cours de déploiement en RDC et une quarantaine d’observateurs de long terme, une mission de plusieurs semaines.

Ces observateurs sont arrivés le 17 novembre. Actuellement, ils sont en formation et seront déployés dans 17 provinces. Le jour du vote, ils seront rejoints par des observateurs de court terme. L’UE espère déployer près d’une centaine de personnes.

Malin Bjork a déclaré avoir rencontré les acteurs politiques, du pouvoir de l’opposition et le président de la Commission nationale électorale indépendante (Céni). « On sera attentifs pendant tout le processus et c’est pour cela que pour nous, c’est important d’être ici sur du long terme. Ça nous donne un regard plus cohérent sur tous les éléments, déclare la cheffe de mission. On a été alerté par des acteurs différents de certaines préoccupations et on va suivre ça attentivement. »

La Suédoise a insisté sur deux points : l’UE est là sur invitation des autorités congolaises ; autorités qu’elle incite à décaisser au plus vite les fonds dont a besoin la Céni pour aller au bout de ce processus.

Plusieurs autres missions internationales sont par ailleurs prévues pour ce scrutin. L’Union africaine doit déployer une équipe, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ainsi que la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) également. Le Centre Carter, fondation créée par l’ex-président américain et prix Nobel de la paix Jimmy Carter, est aussi en cours de déploiement à Kinshasa.

Et il y toutes les missions nationales. Ce sont celles qui vont finalement quadriller le mieux le territoire. Plusieurs organisations de la société civiles se sont regroupées en plusieurs plateformes. Mais la plus importante, ce sera la mission commune des églises catholique et protestante, la Cenco et l’ECC, qui annoncent pouvoir déployer 60 000 observateurs pour ce vote.

Et pendant ce temps, c’est l’évêque de Kindu François Abeli Muhoya Muchapa qui exhorte les candidats à promouvoir la paix.

Dans son appel aux candidats de sa juridiction, l’évêque à invités les candidats à tous les niveaux, à être des artisans de la paix, de la cohésion nationale et d'éviter tout propos violent et de division qui pourrait fragiliser la cohabitation pacifique durant cette campagne électorale.

Lancée depuis sept jours, la campagne électorale se déroule timidement à Kalemie (Tanganyika).

Certains candidats aux élections disent attendre des moyens de leurs partis politiques avant de se lancer alors que d’autres annoncent peaufiner encore leurs stratégies.

La ville de Kalemie ne vibre pas encore au rythme de l’événement.

C’est à peine que l’on voit certaines caravanes motorisées sillonner les artères de la ville. A certains endroits des affiches des candidats se font voir.

La CENCO recommande aux électeurs de privilégier la compétence et la probité morale

La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) recommande aux électeurs de privilégier les critères objectifs de compétence et de probité morale dans le choix des candidats. C’est ce qu’indique un communiqué publié ce mercredi 22 novembre.

Le document rappelle que la campagne électorale est une occasion pour les citoyens de demander des comptes à ceux qui ont dirigé par rapport aux promesses faites et de juger la pertinence et la faisabilité des promesses de nouveaux candidats.

Dans une interview à la RFI et France 24, le président-candidat en République démocratique du Congo Félix Tshisekedi affirme que les financements pour la tenue de l’élection présidentielle du 20 décembre prochain seront assurés et que les délais seront respectés. Il se dit confiant, estimant que son bilan parle pour lui, et se refuse à commenter les discussions en cours au sein de l’opposition. Il commente l’arrestation du correspondant de Jeune Afrique, Stanis Bujakera. Pour la première fois, il admet que les tensions sécuritaires au Nord-Kivu empêcheront la tenue du scrutin dans le Rutshuru et le Masisi et accuse une nouvelle fois le président rwandais Paul Kagame d’être le véritable chef du M23.

Par ailleurs, soixante-six partis et regroupements politiques sont provisoirement retenus pour les législatives prévues le 20 décembre prochain. Avant le lancement de la campagne électorale, la commission électorale nationale indépendante (Céni) avait rendu public à Kinshasa la liste provisoire des candidats présidents de la République après un report technique de 48h. Il est de noter que 24 candidatures ont été retenues définitivement à la présidentielle dont le président Felix est candidat à sa propre succession. À la fermeture des bureaux de réception et traitement des candidatures, la Céni avait enregistré 28 791 candidatures à la législative nationale», selon Denis Kadima, président de la Céni, au total, près de 4 500 candidatures ont été déclarées non conformes et seulement 642 irrecevables pour la députation nationale. 23 653 candidats ont été retenus pour cette fin.

« Sur les candidatures recevables, on compte 3 955 femmes soit 17%, il y a toutefois lieu de noter qu’en 2018, les candidatures féminines ne représentaient que 11% de la totalité. De ces candidatures, la Céni a enregistré 155 candidats indépendants, 3 785 candidats présentés par les partis politiques et 19 713 par les regroupements politiques ».

Pour la députation provinciale, au total 49.552 candidatures ont été réceptionnées par la Centrale électorale. La même source renseigne que 49.209 dossiers ont été déclarés recevables et 343 irrecevables sur toute l’étendue de la RDC selon la répartition de chaque province.

Par contre pour le niveau municipal (communal), sur un total de 34 195 candidatures reçues, 32 360 (soit 94,6 %) ont été considérées comme conformes, tandis que 1 835 (5,4 %) ont été rejetées. Parmi les candidatures conformes, 31 231 ont été déclarées recevables, contre 1 129 irrecevables, représentant 3,5 % du total, dont 571 hommes (50,6 %) et 558 femmes (49,4 %).

Parmi les candidatures communales acceptées, on compte 17 662 hommes (56,6 %) et 13 569 femmes (43,4 %). Parmi les candidats, 198 sont des candidats indépendants, 10 307 sont présentés par des partis politiques et 23 690 par des regroupements politiques, a informé la Commission électorale nationale indépendante.

Destin BYANDIKE pour Germes d’Espérance


vendredi 20 octobre 2023

Situation sécuritaire à Goma, des déplacements de la population continuent d’être enregistrés

De violents affrontements ont été encore signalés, ce dimanche 15 octobre, entre les groupes armés locaux et les rebelles du M23 dans la région de Tongo et Bishusha, chefferie de Bwito, au territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu. A Masisi, toujours dans cette province, c’est un calme précaire qui est signalé dans la région de Kitshanga où la situation reste incertaine.

Des sources dans la région renseignent que des affrontements se déroulent notamment à Rushovu, Kihonga, Rushege et Kisangani dans la partie Tongo mais aussi autour de Bwiza notamment à Sun city, Tanzanie et Kaveni à environ 7 km de Bwiza.

D’après 7sur7.CD, la coalition des groupes armés locaux dit WAZALENDO (patriotes en français) essaye de bloquer le passage des renforts du M23 sur l’axe Tongo tentant d'occuper également Bwiza, l’une des grands bastions des rebelles du M23. Quelques civils auraient été blessés notamment un habitant de Rushovu.

Des détonations de bombes ont été également entendues dans cette partie.

Par ailleurs, dans le Masisi, quelques accrochages ont été signalés pendant la nuit de samedi à dimanche á trois endroits différents autour de Kitchanga, notamment à Burungu.

Les activités socio-économiques sont restées quasiment paralysées, les écoles, les boutiques et certaines structures sanitaires n'ont pas ouvert leurs portes suite à la menace constante des terroristes. Les habitants sont confrontés à des difficultés d'approvisionnement en nourriture, en médicaments et en autres articles essentiels, ce qui nuit à leur qualité de vie. De plus, le climat d'insécurité et les restrictions de déplacement imposées affectent également la stabilité économique de la région et mettent en péril les moyens de subsistance des habitants.

Face à cette situation préoccupante, il est primordial que les autorités compétentes y compris les dirigeants locaux, les forces de sécurité et la communauté internationale, coordonnent leurs efforts pour rétablir la sécurité dans la région. 

Début septembre dernier, les chefs d’Etat du bloc économique de l’Afrique de l’Est avaient pris la décision de prolonger le mandat de la force régionale jusqu’au 8 décembre 2023.

Rappelons qu’il se constate que l’EAC et la Monusco peinent toujours à mettre fin à l’insécurité dans la région riche en minerais du vaste pays de l’Afrique centrale.

Aussi, au moins 57 personnes sont mortes dans une manifestation contre les deux missions en août dernier dans la ville de Goma (chef-lieu du Nord-Kivu), selon un rapport des autorités congolaises afin d’exiger soit leur implication totale ou le retrait définitif sur le sol congolais.

Suite à la pression, la MONUSCO a lancé depuis jeudi 12 octobre à Lubero, dans la province du Nord-Kivu, le processus de fermeture de son antenne locale et de sa base militaire dans cette partie. Cette antenne de Lubero sera définitivement fermée le 31 décembre prochain.

L’annonce a été faite le même jeudi par le chef de bureau intérimaire de la MONUSCO/Beni, Abdourahamane Ganda, qui a conduit une délégation des différents services de la Mission venus pour évaluer les mécanismes à mettre en place pour accompagner ce processus de retrait accéléré.

« Ce retrait qui était initialement prévu pour le 31 décembre 2024, le gouvernement a demandé d’accélérer et de le ramener au 31 décembre 2023. Et cette demande a été confirmée par le Président de la République à la tribune des nations unies. Ça veut dire que c’est quelque chose de très officiel et de très sérieux. Et c’est pour marquer ce caractère sérieux que la mission a décidé d’accélérer et à donner un bon signe pour commencer à fermer l’antenne de Lubero », a expliqué Abdourahamane Ganda.

Il ajoute que la MONUSCO a pris des dispositions pour qu’au 31 décembre 2023, sa présence de la MONUSCO à Lubero cesse.

A cela, le Conseil de sécurité des Nations Unies a émis une demande ferme, exigeant la cessation immédiate de toute nouvelle avancée du M23, groupe ciblé par des sanctions onusiennes. Le Conseil réclame également une mise en œuvre immédiate et totale des engagements en faveur du retrait du M23 de tous les secteurs occupés et de son cantonnement. Toute forme de soutien extérieur au M23 est vivement condamnée et doit être immédiatement stoppée, selon la déclaration émise lundi 15 octobre 2023.

Par ailleurs, le Conseil de sécurité condamne également le soutien apporté à d'autres groupes armés, tels que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui sont sous le coup de sanctions de l'ONU, et exige que ce soutien prenne fin.

Destin BYANDIKE pour Germes d’Espérance.

vendredi 6 octobre 2023

Projection ascendante des viols et des enlèvements d’enfants en RDC


En 2021 et 2022, la RDC a enregistré le plus grand nombre de cas vérifiés de violences sexuelles contre des enfants commises par les forces armées et des groupes armés œuvrant dans la partie Est du Congo-Kinshasa.

En 2022, plus de 730 enfants ont été enlevés, ce qui en fait le plus grand nombre d’enlèvements jamais vérifiés par les Nations Unies en RDC.  Mme Sen Gupta, Directrice de la protection de l’enfance à l’UNICEF, lors d’une mission le 28 Septembre 2023 à Goma en RDC, a déclaré que « Cette violence est inacceptable. Nous appelons toutes les parties en conflit à prendre des mesures pour prévenir et mettre fin à toutes les violations graves commises à l’encontre des enfants ».

Depuis que la violence a éclaté en octobre 2022 au Nord Kivu/Goma, 1,5 million de personnes ont été contraintes de fuir pour sauver leur vie dans l’Est de la RDC. Au total, 6,1 millions de personnes ont été déplacées, précise le rapport de l’UNICE sur les cas de violations graves commises à l’encontre des enfants depuis une décennie.

Par ailleurs, le conflit dans l'est de la RDC a perturbé la production agricole vitale et la croissance des infrastructures essentielles. Cette crise alimentée par l'évolution de la dynamique des groupes armés et des luttes pour les ressources, est exacerbée par des tensions géopolitiques profondément enracinées. En conséquence, des milliers de personnes sont aujourd'hui déplacées dans les trois provinces de l’Est, l'Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

La crise de la sécurité alimentaire pour de nombreuses personnes en République démocratique du Congo reste critique, avec plusieurs défis - insécurité, dévastation et manque d'infrastructures, faible accès à des intrants de qualité et au financement -, pour n'en citer que quelques-uns - qui compromettent leurs chances de pouvoir se nourrir correctement et de nourrir leurs familles. La seule façon de briser le cycle et d'infléchir ces tendances est d'aider les familles rurales à accroître leur résilience et leur productivité, a déclaré Aristide Ongone, Représentant de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) en RDC.

Pour rappel, le problème d’insécurité à l’Est du Congo a pris une autre forme depuis 2022, pour le Nord-Kivu. Au-delà de Bunagana sous contrôle du M23, des combats ne cessent de se reproduire causant de nombreuses pertes en vies humaines. De violents combats ont repris dans la province du Nord-Kivu, opposant principalement les différents groupes armés fidèles à Kinshasa, réunis sous la bannière des « Wazalendo » (Patriote en Swahili) et les éléments du Mouvement du 23-Mars (M23).

Henry-Pacifique Mayala, coordinateur du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) dans l’est de la RDC, précise que s’il ne note pas une augmentation des incidents sécuritaires depuis le début de ce nouveau pic de tensions, il observe un repositionnement des acteurs ainsi que l’installation d’une administration parallèle dans certaines zones contrôlées par le M23.

A cela, s’ajoute une pression pour le départ de la Monusco dans la partie Est de la République Démocratique du Congo. Le mercredi 30 août 2023, des soldats congolais ont tentés de contrôler une foule de manifestants lors d'une manifestation contre la MONUSCO. Selon Moleka Maregane, "chargé de sécurité" de la secte mystico-religieuse à Goma, déclare : « Avant que la manifestation - interdite quelques jours plus tôt par la mairie de Goma - ne débute, "les FARDC (armée congolaise) nous ont attaqués au local de notre radio et à notre temple et ils ont tué six personnes" »,. Il ajoute qu'au cours de cet assaut lancé par l'armée, leur leader Mutumishi Efraimu Bisimwa a été arrêté. Au total, près de 50 personnes ont été tuées par l’armée. Plusieurs officiers supérieurs ont été condamnés sans que la clarté n’ait été faite sur cette attaque.

Pour le gouvernorat du Nord-Kivu, il s'agit d'un "groupe de bandits armés, drogués et manipulés qui ont prémédité et semé le chaos dans la ville".

Destin BYANDIKE, pour Germes d’Espérance.

vendredi 4 août 2023

IXème JEUX DE LA FRANCOPHONIE A KINSHASA CAPITALE DE LA RDC

 


Après Niamey (Niger, 2005), Beyrouth (Liban, 2009), Nice (France, 2013) et Abidjan (Cote d’Ivoire, 2017) La RDC organise la 9ème édition des Jeux de la Francophonie allant du 28 juillet au 6 août 2023 au stade des martyrs à Kinshasa après les reports à deux reprises suite à la crise sanitaire. 

Didier MAZENGA MUKANZU, ministre de l’intégration régionale chargé de la francophonie en RDC et président du comité de pilotage des IXes Jeux de la francophonie, qui préside les jeux, précise que cette édition est organisée dans le but de promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique, la paix, la démocratie et les droits de l’Homme mais aussi appuyer l’éducation, la formation, l’ enseignement supérieur et la recherche qui permettront de développer la coopération économique au service du développement durable

Lors de son discours à l’ouverture de cette grande activité, le Président congolais Felix TSHISEKEDI signale que la RDC organise cette édition avec des contraintes liées au covid19 et la crise sécuritaire à l’Est du Pays.

Suite au sérieux que le pouvoir de Felix a mis pour que ces jeux se déroulent sans faille, l’Eglise catholique et plusieurs opposants congolais félicitent la manière dont le gouvernement a organisé les activités au stade des martyrs.

Plusieurs internautes affirment que la RDC connaît un succès éclatant aux 9èmes Jeux de la Francophonie, surpassant ses performances aux Jeux d’Abidjan où elle n'avait remporté que trois médailles.

Par contre, il s’observe un refus de certains Etats à participer aux IXèmes jeux de la Francophonie, mais alors, le gouvernement congolais soupçonne des laboratoires obscurs des Etats qui ne veulent jamais voir le succès de la RDC.


Cependant, la question de l'insécurité dans la capitale marquée par des kidnappings et le phénomène Mobondo (Une milice qui opère dans plusieurs provinces en RDC dont à Kinshasa la capitale de la RD.Congo !), a mis en question la sécurité de différentes délégations devant participer à cette grande messe francophone. Tel a été le motif des certains pays qui n’ont pas pris part à cette grande cérémonie à l’exemple du Rwanda, pays voisin.

Outre le désistement du Québec, la Belgique a décidé d'envoyer une équipe réduite de ses athlètes. Elle brandit des raisons d'infrastructures sportives qui ne garantissent pas à ses athlètes "les conditions suffisantes à la pratique de leurs sports".

Pour Rappel : les activités des jeux de la francophonie existent depuis 1987 lors du deuxième sommet de la francophonie, où les chefs d’Etats et gouvernements ont été séduits par l’idée de crée un évènement où la jeunesse francophone serait mise en valeur. 


Kinshasa, Destin Byandike pour Germes d’Esperance.

vendredi 21 juillet 2023

Sud-Kivu, le centre d’apprentissage de métier à Kamituga clôture l’année scolaire avec un bilan positif.

 


A Kamituga dans le Diocèse d’Uvira, Paroisse Saint François-Xavier, le centre d’apprentissage des métiers a clôturé cette année scolaire avec 30 apprenants qui ont reçu chacun un brevet de participation et un kit complet d’outils de menuiserie afin qu’ils puissent entreprendre un projet dans ce domaine.

A l’issue de la cérémonie du 5 juillet 2023 qui a bouclé cette année scolaire, plusieurs finalistes ont témoigné leur satisfaction d’avoir été formés et outillés par ce centre.

Le Directeur du centre,  MULOBOLA KASOLO Josué, indique que c’est pour lui, une satisfaction et un encouragement pour les  jeunes qui grâce à la formation qu’ils ont reçue à ce centre, seront plus utiles à toute la communauté et participeront désormais à la lutte contre le chômage qui est souvent à la base des insécurités grandissantes dans ce milieu. Dans ces mots, il a remercié vivement le Père Bernard Ugeux et Germes d’Esperance pour le soutien qu’ils ne cessent d’apporter à ce centre pour garantir une formation en menuiseri à la jeunesse de Kamituga qui ne bénéficie d’aucun appui du gouvernent congolais.

Signalons que le centre de formation professionnelle de Kamituga, est un centre de la Paroisse Saint François-Xavier du Diocèse d’Uvira, restauré en 2017 par « Germes d’Esperance » à la suggestion de MULOBOLA KASOLO Josué (Directeur actuel). 

Destin BYANDIKE

jeudi 13 juillet 2023

Lettre de la Savane N°54

 


Cher(es) ami(e)s,

J’espère que vous allez bien. Je vous rejoins en ce temps de vacances où certain(e)s d’entre vous profitent sans doute de retrouvailles familiales ou des beautés de la nature, malgré l’inquiétude à propos des réserves d’eau dans vos pays. Ce n’est plus réservé à l’Afrique !

Je voudrais commencer par remercier celles et ceux d’entre vous qui lisent cette lettre trimestrielle, même jusqu’au bout. Nous sommes bien conscients que vous avez tous beaucoup de préoccupations et souvent des problèmes dans vos familles. Garder son cœur ouvert aux difficultés d’autres personnes à des milliers de kilomètres demande une grande ouverture d’esprit et de la compassion. Il peut y avoir une certaine lassitude à soutenir des situations dont on a l’impression qu’elles sont sans issue. Mais chaque personne est unique, et chaque enfant qui retrouve le sourire, chaque jeune fille survivante qui peut prendre sa vie en main et oser croire qu’elle pourra jouer un rôle dans la société demain, c’est un trésor précieux qui mérite tous les sacrifices. C’est pourquoi votre soutien financier à Germes d’espérance nous encourage tellement d’un point de vue moral et matériel.


Commençons par quelques joyeuses nouvelles du centre Nyota. Nous avons eu l’occasion de célébrer deux fêtes. L’une a été rendue possible grâce à la visite du chanteur belge Théo Mertens venu en récital à Bukavu et qui a accepté d’animer une matinée chez nous gratuitement le 31 mai. Il était présent avec son épouse Micheline. Son dynamisme, sa générosité, les textes de ses chants ont dynamisé la communauté des filles qui les ont accompagnés de leurs voix et de leurs danses.

Celles qui sont membres de l’Ecole de la paix avaient également rédigé des chants et des poèmes.


C’est une de mes plus profondes joies dans ce travail si difficile que de voir des jeunes filles, dont je sais les humiliations qu’elles ont subies dans leur cœur et dans leur corps, danser de tout leur être et chanter à pleine voix à de telles occasions. C’est un merveilleux signe de résilience et en même temps c’est profondément thérapeutique pour elles de pouvoir ainsi faire la fête, elles qui n’ont jamais connu de fête ou n’ont jamais pu y avoir une part active.

Une seconde fête fut organisée à l’occasion de la célébration des sacrements où plusieurs d’entre elles ont reçu le baptême, la confirmation et la première communion. Nous avons des élèves de toutes provenances, mais respectons complètement leurs croyances, Pour notre part, nous assurons la catéchèse des sacrements pour nos propres élèves. Là encore, cette belle célébration où elles sont introduites de façon solennelle dans la communauté chrétienne est un lieu de socialisation et de réintégration très important.

Enfin, nous poursuivons nos efforts pour permettre aux jeunes filles qui viennent dans notre centre et qui n’ont pas d’acte de naissance d’obtenir la citoyenneté, particulièrement au moment où elles peuvent se procurer les cartes d’électeurs en vue des élections prochaines. Actuellement une soixantaine d’entre elles attendent la décision du tribunal, ce qu’on appelle un « jugement supplétif », pour obtenir un acte de naissance.

Cela demande la préparation d’un gros dossier, avec l’aide d’un avocat, et un grand investissement de la part de l’équipe de direction. Il faut trouver une date de naissance, chercher un nom de père pour celles qui sont nées d’un viol, reconstruire une filiation pour celles qui arrivent de région en guerre.

Normalement, ces enfants reçoivent officiellement le statut de personnes indigentes, et la procédure de l’État devrait être gratuite. Mais la rapacité de certains juges, payés par l’État, qui connaissent pourtant la situation de ces enfants, est sans limite. Actuellement, il y en a qui essaient de nous soutirer de grosses sommes d’argent pour leur avantage personnel. C’est à cette occasion que j’ai découvert un nouveau vocabulaire qui signale quand il faut donner de l’argent : la première étape, il faut motiver le juge, ensuite il faut diligenter – pour que le dossier avance –, ensuite il faut passer (déposer une enveloppe pour que la cause soit entendue). Inutile de dire que les pauvres en général ne vont pas en justice. Malgré tout, ces deux dernières années nous y sommes, parvenus après de longues négociations, mais ce n’était pas prévu dans notre budget de départ et c’est assez lourd.

Remise d'attestation de naissance 

Quant à notre école de menuiserie dans les mines d’or, à Kamituga, elle se fait offrir par un ami français une machine à bois polyvalente qui doit venir de France. Il y aura d’importants frais de transport, il faut construire un hangar spécial pour sécuriser cette machine. C’est aussi un investissement, mais il permettra aux jeunes menuisiers de se faire embaucher dans des entreprises qui utilisent ce type de matériel. Jusqu’à présent nous leur donnons une formation élémentaire, qui ne demande pas l’électricité, étant donné que la plupart d’entre eux se retrouveront dans un milieu où il n’y a pas de courant. Mais la promesse de cette machine ouvre de grands espoirs pour ces jeunes très motivés.

Bureaux réalisés par les élèves de Kamituga après un an de formation et d’apprentissage élémentaires.

 Vous pouvez écouter le responsable du centre dans la vidéo dont voici le lien. https://germesdesperance.blogspot.com/2 023/05/echo-de-kamituga-le-centre-de- formation.htm

Tout cela nous dynamise, nous encourage et nous aide à poursuivre malgré les nombreux problèmes rencontrés ces dernières semaines dans notre environnement.

 Bukavu inondée et en feu

Les malheurs se sont succédés ces derniers mois à Bukavu et dans les environs.

Nous avons eu énormément de pluies cette année. Celles-ci ont provoqué des glissements de terrain dans la ville de Bukavu, mais aussi à l’extérieur, comme dans la zone de Kalehe à quelques dizaines de km de Bukavu. À la suite d’une pluie torrentielle qui les a fait déborder de leur lit, deux rivières se sont rejointes pour dévaler vers des agglomérations où se tenait un grand marché local. En quelques minutes, tout a été ravagé. Les chiffres qui ont été diffusés par une enquête sérieuse au mois de mai sont hallucinants : 5256 victimes dont une grande partie encore ensevelies sous la boue ou noyées dans le lac en contrebas, 5809 sinistrés qui ont perdu leur maison et tous leurs biens, plus de 1000 enfants non accompagnés et séparés, 2683 maisons détruites, 3 écoles et une église détruite, 3 ponts et 1 marché ravagés etc.…

Avant le cataclysme


 Plusieurs glissements de terrain qui avaient eu lieu ces 10 dernières années au même endroit signalaient la nécessité une délocalisation des villages, à cause de la déforestation systématique par la population qui coupe les arbres sans replanter ou creuse la terre pour chercher de l’or. La montagne entièrement fragilisée menaçait et c’était connu par les services de l’Etat qui ont laissé faire. Maintenant encore on attend que l’État prenne sa responsabilité pour la délocalisation de ce qui reste de la population.

 De nombreuses ONG sont intervenues, souvent avec leur propre agenda et leurs centres d’intérêt. L’identification des destinataires des aides s’est faite parfois dans le désordre si bien qu’il devenait difficile de distinguer les vrais des fausses victimes. L’Eglise s’est évidemment investie dans ses efforts sans que nous ayons reçu cependant un appel officiel à la mobilisation.

après la coulée…

 Un autre drame à Bukavu, ce sont les incendies à répétition dans des quartiers couverts de maisons en bois collées les unes aux autres sans aucune sécurité concernant les réseaux électriques et la voirie, manquant d’eau durant la saison sèche. Plusieurs centaines de maisons ont brûlé en quelques heures, les gens ont tout perdu (jusqu’à 700 maisons ces dernières semaines). Ce que certains étaient parvenus à sortir de leur maison durant l’incendie était souvent pillé, dans l’émotion, par des groupes qui se sont organisés à cet effet. En outre, il n’y a pas de service d’incendie. Inutile de dire dans quel état ces familles nombreuses se sont retrouvées, alors qu’un grand nombre était déjà des déplacés de l’intérieur.



 À peu près à la même époque, la régie des eaux a connu des pannes qui ont duré plusieurs jours, parce qu’il n’y avait pas de pièces de rechange en stock. La population (environ 1 million d’habitants) a essayé de chercher de l’eau dans des sources non aménagées, des mares ou des ruisseaux sans avoir les moyens de la faire bouillir. Il en est résulté un début d’épidémie de choléra qui a déjà fait un certain nombre de morts, à propos desquels on ne communique pas.

Voici donc ces épreuves qui se multiplient sur des populations déjà profondément fragilisées, donnant parfois l’impression d’une malédiction. Les solidarités entre les plus petits sont extraordinaires mais parfois dérisoires face à l’ampleur des crises traversées.

Sur le plan national, encore de grandes inquiétudes

Vous savez que depuis plus d’un an, des zones entières de l’est de notre pays sont occupées par des troupes étrangères, considérés comme des terroristes par l’État, et accusées par l’ONU d’être soutenues par des puissances étrangères frontalières. Les différents rapports dénombrent des massacres, des viols et des charniers, sans compter l’enlèvement de jeunes gens, embauchés de force par les assaillants. Le gouvernement congolais a fait appel à des armées de l’Afrique de l’Est (AEC, la Conférence Economique Africaine) pour reconquérir les territoires pour lesquels les casques bleus n’avaient pas de mandat et se sont montrés inefficaces. Mais une fois arrivées sur place, ces troupes étrangères se sont contentées soit de négocier de loin avec les envahisseurs, soit de poursuivre leurs propres agendas dans cette région minière. Le résultat est que les envahisseurs occupent toujours la région, bien que deux provinces aient été déclarées en état de siège depuis plusieurs mois. Nous attendons avec inquiétude de voir comment cela va évoluer. (Consulter l’article sur notre site Germes d’espérance, réf. ci-dessous).

Les élections nationales de décembre 2023

Un président, les deux chambres et les élus locaux sont concernés par ces élections. Un grand recensement national a été organisé pour renouveler les cartes d’électeurs dans tout le pays, en principe, car il y a des zones occupées ou inaccessibles…. Lors de leur dernière conférence nationale, les évêques du Congo (CENCO) ont exprimé leur inquiétude concernant la préparation des élections, l’audit du fichier électoral, la neutralité de la Commission Electorale Indépendante, etc. Ils craignent la répétition du scénario d’élections précédentes… Ils l’ont exprimé publiquement ce qui a déplu en haut lieu La population n’est pas rassurée…

Chers amis, chères amies, vous connaissez les adages : « Il n’y pas de situation désespérée, il n’y a que des gens qui désespèrent des situations », et aussi : « Si tu ne peux changer la réalité, change ton regard sur cette réalité… » Notre réseau s’appelle GERMES D’ESPERANCE, c’est pourquoi je vous demande de me pardonner de parasiter votre été avec ces nouvelles qui ne sont pas toujours réjouissantes. En même temps, si je vous cachais la réalité pour ne pas vous déranger, vous m’en voudriez, n’est-ce pas. Mais nous gardons l’espérance !

Je garde la paix du cœur, même s’il y a parfois le poids du corps. Nous cheminons ensemble de loin avec vous, et cela nous fait beaucoup de bien de partager ainsi bien simplement avec vous. Je vous mets encore quelques liens ci- dessous pour ceux et celles qui auraient quelques minutes pour vivre avec nous quelques moments forts…

Merci à ceux et celles qui sont arrivés jusqu’à la fin de cette lettre, de la part de tous ceux et celles pour qui votre intérêt est vital.

En toute amitié, Bernard

Un témoignage poignant d’une belle expérience de résilience. https://1drv.ms/v/s!AuMalqelnvJ1huR_67zzZ4ng Ta_UMg?e=BgzLIj

La fête de la femme 2023 en présence de Michèle et gabriel : 


Une façon de me détendre, contempler les martin-pêcheurs de notre presqu’île.

 

Un grand merci à ceux et celles qui nous aident, au nom de ceux et celles qui en bénéficient ! Notre objectif est de les rendre autonomes demain.

Cette année, l’association Garonne Animation (Toulouse) a fait un don à Germes d’Espérance. Nous les en remercions vivement.



 


 


 


 




Situation humanitaire à l’Est de la RDC, des milliers des victimes prennent refuges au Burundi.

Source photo : mediacongo.net Guerre dans l’Est de la RDC, plus des 17 853 victimes venant d’Uvira, Walungu, Bukavu, Sake, Kamanyola, Minova...