jeudi 23 février 2023

AVANCEE DU M23 EN RD CONGO UN DESEQUILIBRE SOCIAL AU NORD ET SUD-KIVU.

 

Forces armées de la RDC (au centre, le lieutenant général Marcel Mashita Mbangu) à Luhonga, dans le Nord-Kivu, le 9 février 2023

Autour d’une table basse installée au milieu d’une cour, des hommes en tenue et armés continuent avec les combats dans l’Est de la RDC. Ils se trouvent à Pinga, un village isolé situé entre le territoire de Walikale et celui de Masisi, dans l’Est dans la Province du Nord-Kivu.

Plusieurs rencontres entre FARDC et chefs de guerre ont eu lieu, notamment en décembre et janvier, poursuit HRW. Selon l’ONG, deux généraux – Janvier Mayanga et Hassan Mugabo – envoyés par le gouvernement pour superviser les opérations militaires dans le Masisi y ont pris part. Ces hauts gradés connaissent bien le terrain : ils sont d’anciens chefs rebelles, intégrés à l’armée nationale depuis plus de dix ans.

Tous se battent contre un adversaire commun : le Mouvement du 23-Mars (M23). Depuis fin 2021, ce groupe armé à dominante tutsi ne cesse d’étendre son influence et contrôle désormais une partie de la province du Nord-Kivu. Un conflit de plus dans cette région déjà ravagée depuis près de trente ans par des guerres à répétition et déstabilisée par les 122 milices qui y sévissent, selon la dernière estimation réalisée en 2020 par le Baromètre sécuritaire du Kivu. « Avec les FARDC et les autres groupes de la coalition, nous nous sommes partagé les zones d’intervention pour barrer la route au M23 », poursuit Marcellin Shenkuku Nkuba, qui assure que le NDC-R combat seul sur le terrain et ne reçoit aucun soutien des FARDC.

Selon un des chefs de services de commandement du NDC-R, il indique qu’à partir de ce jour, ils n’agiront que pour une coalition patriotique en faveur de la RDC.

 « Aujourd’hui, nous ne sommes plus ennemis avec l’armée nationale », reconnaît Marcellin Shenkuku Nkuba, le porte-parole du groupe armé Nduma Defense of Congo-Rénové (NDC-R). Le milicien affirme désormais agir « au nom d’une coalition de patriotes » et composée d’au moins quatre groupes armés, dont le NDC-R et l’Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS). Cette « coalition » a renforcé sa présence sur les lignes de front depuis que le territoire de Masisi est devenu l’épicentre des combats, en décembre et janvier.

Son patron, Guidon Shimiray Mwissa, est en première ligne avec ses hommes. Ce chef de guerre, sous sanction onusienne depuis février 2018 pour recrutement d’enfants soldats et prélèvement illégal de taxes, est à la tête de l’un des principaux groupes armés installés dans le territoire de Walikalé. Depuis 2019, il est également recherché par la justice congolaise. Un mandat d’arrêt a été émis contre lui pour, entre autres, « participation à un mouvement insurrectionnel » et « crime contre l’humanité pour viol ». Des accusations qui n’ont pas empêché un colonel de l’armée régulière d’apparaître sur une vidéo, en décembre, au côté du leader du NDC-R, indique Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié le 6 février.

Cette apparition de Guidon Shimiray au combat en appui au FARDC laisse croire selon certains activistes de droit de l’homme au Sud-Kivu que la guerre risque de prendre une autre dimension car on ne connait pas jusque-là ce qui se cache derrière la position du groupe armé NDC-R.

Toujours selon HRW, des militaires congolais ont également appuyé logistiquement un autre groupe armé – étranger cette fois –, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), installées en RDC depuis plus de vingt-cinq ans. « Plus d’une dizaine de caisses de munitions ont été fournies aux combattants des FDLR en juillet 2022 », écrit l’ONG dans un rapport publié le 18 octobre.

Or depuis le début de la crise liée au M23, le président rwandais, Paul Kagame, dénonce justement cette connivence. Kigali considère les FDLR comme les héritiers des génocidaires de 1994 et présente ce groupe armé comme une menace pour la sécurité du Rwanda. « Je ferai tout ce qui peut être fait pour être sûr que l’histoire des FDLR et le génocide ne reviennent plus », a déclaré Paul Kagame, le 9 février, au cours d’un dîner avec le corps diplomatique basé dans son pays.

De leur côté, le président congolais, Félix Tshisekedi, et son gouvernement ont condamné à plusieurs reprises la « manipulation » du Rwanda concernant la collaboration supposée des FARDC avec les FDLR. Des accusations « fallacieuses » servant, selon Kinshasa, à justifier l’intervention officieuse de l’armée rwandaise en RDC et le soutien de Kigali au M23.

La résurgence du M23, malgré sa défaite en 2013, a créé « une nouvelle dynamique entre les groupes armés actifs au Nord-Kivu et les FARDC », notait le Groupe d’experts des Nations unies en décembre 2022. Au sein de la population locale, ce nouveau jeu d’alliances inquiète. « A l’allure où vont les choses, le M23 risque encore de gagner du terrain. Que deviendront les groupes armés déchus ? Les exactions contre les habitants vont-elles encore s’accroître ? », Questionne Voltaire Batundi Sadiki, président de la société civile de Masisi, un regroupement d’associations citoyennes.

D’autres groupes traditionnellement basés au Sud-Kivu entendent venir prêter main-forte à ceux qui sont déjà sur le terrain.

D’autant que d’autres groupes armés traditionnellement basés dans une province pour l’heure éloignée des lignes de front, le Sud-Kivu, entendent venir prêter main-forte à ceux qui sont déjà sur le terrain au Nord-Kivu face au M23. C’est le cas de la coalition maï-maï menée par William Yakutumba, mais aussi de certains Raïa Mutomboki (RM) présents dans le territoire de Kalehe, dans le Sud-Kivu. « Les RM ont été mobilisés par le député Anselme Enerunga. Malheureusement, cet élu national, qui les finançait, est décédé fin janvier. Faute de moyens, ces combattants ont pour l’instant cessé leur route vers le Nord-Kivu et sont restés dans les agglomérations, totalement désœuvrés. Ils tracassent la population et plusieurs cas de pillage ont été rapportés », déplore Didier Kitumaini, de la société civile de Bunyakiri.

Plus au sud encore, dans les hauts plateaux de Fizi, d’Uvira et de Mwenga, plusieurs sources sécuritaires signalent que des milices banyamulenges, une communauté pastorale Tutsi parlant une langue proche de celle du Rwanda, ont quitté leur bastion vers d’autres localités. Ni les soldats congolais, ni les militaires burundais déployés dans le cadre de la force de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) n’ont réagi. Pourtant, ces déplacements pourraient déstabiliser encore un peu plus la zone, les miliciens maï-maï accusant, entre autres, les Banyamulengue d’être des « envahisseurs » à la solde de Paul Kagame.

Destin Byandike


jeudi 9 février 2023

Bukavu : le Centre Nyota, une terre promise pour des jeunes filles marginalisées


Plus de 250 filles marginalisées ; victimes de plusieurs atrocités avec les guerres à répétitions à l’Est de la République Démocratique du Congo, sont encadrées chaque année au Centre Nyota de l’Archidiocèse de Bukavu dans la paroisse Saint François Xavier de Kadutu, sur avenue industrielle.


Traumatisées par leur situation qui reste à désirer, des jeunes filles qui arrivent de différents territoires de la Province du Sud-Kivu et de la ville de Bukavu, considèrent le Centre Nyota comme leur terre promise, où elles apprennent à lire et à écrire ainsi que les métiers en art culinaire, en fabrication de savons mais aussi en coupe et couture.

Pour la petite histoire

Le Centre Nyota, c’est une œuvre de l’archidiocèse de Bukavu. Créé en 1986 par les sœurs de la Sainte Dorothée de Cemmo, il fonctionnait avec des moyens des italiennes. Après les guerres à l’Est, le centre a été pillé et les sœurs religieuses l’ont laissé dans les mains de l’archidiocèse de Bukavu, qui l’a ensuite cédé aux mains des laïques depuis 1997 après la guerre de l’AFDL.

Suite aux guerres à répétions, il y a eu des filles qui ont quitté leur village et d’autres qui ont connu les barbaries des militaires : des viols, des tueries, des massacres. Quand elles sont arrivées dans la ville de Bukavu, elles n’avaient pas où aller ni des familles d’accueil. Certaines se sont livrées à la prostitution, d’autres au travail de ménage. Il y a eu des filles mineures devenues professionnelles du sexe d’autres ont eu des grossesses indésirées et certaines sont venues au centre Nyota ou elles ont été encadrées.

La coordinatrice du Centre Nyota qui s’occupe des jeunes filles marginalisées, Madame Noëlla Kadayi, revient sur le rôle que joue ce centre au sein de la communauté.

« Le Centre Nyota, c’est un centre d’encadrement et de récupération des filles marginalisées en général.

Nous récupérons des filles et nous leur apprenons à lire et à écrire. Il y a celles qui n’ont pas eu la chance de continuer ou de fouler le pied à l’école. Nous travaillons sous le modèle des CRS (Centre de Récupération Scolaire), une année équivaut à deux niveaux scolaires. Après trois ans d’études chez nous, elles peuvent se présenter à l’Examen National de Fin d’Etude Primaire (ENAFEP). Après nous avons la première et la deuxième année Coupe et Couture, où l’on enseigne d’autres cours comme les mathématiques, français, la géographie, l’histoire, etc. La troisième année, c’est l’atelier de coupe et couture une formation accélérer et là, elles peuvent participer au jury provincial en métier pour obtenir un brevet. Après le brevet, ont les dotent des kits complets pour la réinsertion professionnelle.

Chez nous, c’est comme une famille. Nous avons un bureau d’écoute. Nous accueillions les filles, nous les écoutons et nous faisons des fiches de suivi car même si elles ont déjà quitté le centre pour faire leur vie, nous continuons avec le suivi. Nous encadrons des filles orphelines, des filles dont les familles sont séparées, des filles violées, des filles accusées de sorcière, des filles qui ont eu des grossesses indésirées et surtout à bas âge. »

Avant, c’est le centre qui aller vers les filles marginalisées et actuellement c’est elles qui viennent vers le centre.

« Quand elles arrivent après écoute, on leur trouve une famille d’accueil et si elles ont encore une famille qui a des moyens, on les aide à retourner dans leurs familles. Nous rêvons avoir des filles capables de se prendre en charge. Nous sommes délaissées. L’Etat ne pense pas à nous, nous souhaiterions voir nos filles encadrées ici être engagées dans des institutions ou nous aider pour l’encadrement de ces filles parce qu’elles ont aussi des droits comme tout congolais. Le centre fonctionne grâce aux personnes avec un cœur généreux, à l’exemple du Père Bernard Ugeux et d’autres, » ajoute-t-elle.

Ngali Amusayi, une fille qui ne savait ni lire ni écrire, vient de faire six ans au Centre Nyota et rêve d’ouvrir son atelier afin de coudre de plus en plus des habits pour trouver de quoi exister.

J’ai commencé ici depuis le niveau 1 et aujourd’hui je suis en dernière année de coupe et couture accélérée. Je suis en mesure de coudre tout modèle d’habit. Un grand merci au Centre Nyota qui m’a apprise à lire et à écrire et aujourd’hui je continue à étudier. Grand merci à nos encadreurs qui ont fait de nous ce que nous sommes. Je suis venue de la Brasserie avant de faire connaissance du Centre Nyota.

Arhusima Cirimwami, rêve devenir une couturière, une modéliste de marque avec un grand atelier propre à elle afin de former d’autres filles qui n’ont pas eu la chance comme elle.

« Je suis au centre Nyota depuis le premier niveau. Je suis venue du territoire de Kabare et je n’avais aucune famille. Je suis arrivée chez la directrice et une fois en troisième, on m’a trouvé une faille où je vis actuellement. Le centre m’a appris à lire et à écrire. Je suis capable de m’exprimer devant les gens. Je peux même me présenter. Je suis à mesure de coudre chaque modèle d’habit. Je rêve devenir une couturière de marque avec un grand atelier propre à moi, devenir modéliste et former d’autres filles qui n’ont pas eu la chance comme moi. Je remercie le centre Nyota pour l’encadrement. »

Furahini Mbonekube, est arrivée au Centre Nyota il y a trois ans après que je n’avais plus la chance et moyens de continuer les études secondaires. Le centre Nyota lui a redonné espoir et espère devenir une couturière de grande renommée.

« J’ai commencé en première coupe couture et cela fait trois ans que je suis là. Je n’ai pas eu la chance de continuer l’école secondaire. Ici au centre Nyota on m’a tout appris. Je fais l’art culinaire et la couture. Actuellement, je suis à même de préparer plusieurs recettes et coudre plusieurs modèles d’habits. Je rêve avoir mon propre atelier afin d’aider d’autres filles comme moi en situation difficile. »

De son côté Mwangaza Mugisho, formatrice en coupe et couture, croit en la capacité de faire de ses encadrées. Elle dit que pour chaque année, plus de 50 filles formées sont capables de faire le poids sur le marché d’emplois, elles ont toutes leur chance.

« Nous encadrons les filles ici au centre Nyota mais aussi d’autres qui finissent l’école secondaire et n’ont pas les moyens pour continuer les études supérieures. Durant une année, on les occupe pour la pratique en commençant par les exercices de pédales. Après la formation, elles sont capables d’ouvrir leurs propres ateliers de couture. Le défi auquel elles font face, c’est le manque des matériels. »

 Signalons que le centre Nyota qui vit comme une famille, met à l’aise les filles qu’il encadre pour qu’elles se sentent réellement en famille. Elles organisent de séances d’échanges sur différentes thématiques comme : les risques de grossesses précoces, la santé et la propriété chez la jeune fille, la santé de la reproduction et d’autres qui cadrent avec l’éducation de la jeune fille. Ces séances commencent généralement par une séance de dance, une manière de détraumatiser ces jeunes filles qui sont la plus par de fois traumatisées.

 

Divin Cirimwami


mercredi 4 janvier 2023

Nouvelle Lettre de la Savane N°52 de décembre 2022

 

Chères amies, Chers amis,

Oserais-je vous dire : Joyeux Noël et Bonne Année ? Peut-être sommes-nous tenté(e)s de penser quil est désormais dérisoire de présenter des vœux de paix et de bonheur au début de chaque année nouvelle alors que lon clôture lannée qui finit avec un sentiment damertume. Il est vrai que cette année encore, alors que beaucoup espéraient que la régression de la pandémie du Covid allait permettre un retour à une vie plus « normale », lagression russe contre lUkraine a ranimé toutes les inquiétudes et aggravé les déséquilibres de notre planète dans bien des domaines (économique, financier, écologique, politique, militaire, etc.). Vous avez remarqué comment on trouve toujours de largent pour acheter des armes ! La façon dont les médias semblent sélectionner systématiquement toutes les mauvaises nouvelles de la planète au détriment de tout ce qui se passe de positif dans lhumanité ne fait que renforcer ce sentiment de gabegie et déchec. Certes, il ne faut pas sous-estimer la profonde crise de civilisation que nous traversons. Les ajustements quil nous faut assurer désormais sont structurels et systémiques et dépassent largement une simple adaptation à des évolutions prévisibles. Un peu partout les clignotants sont au rouge et limpression de crise est présente partout. Pourtant, nous savons que notre humanité a traversé dautres crises civilisationnelles, et que cela a parfois donné naissance à une créativité et à des mutations plus positives que ce que la plupart prévoyaient au départ.


Crèche vivante du Foyer Ekabana qui accueille des petites filles accusées de sorcellerie. 

Les personnes qui réagissent à cette circulaire, que certains parmi vous reçoivent pour la 52e fois, soulignent que je parle souvent d’espérance. Oui, jy crois. Je suis arrivé en RD Congo pour la première fois il y a 51 ans. Je nai pas vécu tout ce temps sur place, mais jy suis revenu depuis 13 ans. Si jy reste ce nest pas parce que la conjoncture actuelle nous donne beaucoup despoir, mais parce que la vitalité et le courage, la résilience et la foi des populations nourrissent mon espérance. 

Nous attendons la venue du pape François pour la fin du mois de janvier. Cest un événement très important pour la population congolaise alors que nous craignions que son état de santé lempêche de nous rendre visite, ainsi que linsécurité dans lest du pays. Pour finir celle-ci a entraîné lannulation de létape prévue au nord de notre lac Kivu, dans la ville de Goma, à 100 km de chez nous, mais il viendra à Kinshasa. 

Les attentes de l’Eglise congolaise sexpriment clairement dans la prière qui est lue à la fin de chaque eucharistie dans le pays : « que cette visite soit aussi un temps de grâce pour réconforter les familles sinistrées par les calamités naturelles, les maladies et la misère ; un tant de grâce pour consoler les personnes éprouvées par les multiples situations dinsécurité récurrente, surtout dans le reste de notre pays ; un temps de grâce pour consolider lunité, la paix et la cohésion nationale ». Les défis que traverse notre pays sont bien présents dans cette prière. Que ce soit les calamités naturelles : éruption volcanique, glissements de terrain et inondations dues aux pluies diluviennes et à lanarchie urbaine, que ce soit les personnes victimes de linsécurité récurrente, particulièrement les 120 groupes armées incontrôlables, les attaques à nos frontières, dont je vous parlais déjà dans la circulaire précédente et qui se poursuivent avec des appuis étrangers, que ce soit lunité et la cohésion nationale, alors que 2023 sera pour nous une année délections généralisées alors quil existerait de nombreux doutes concernant limpartialité des institutions qui en sont chargées. Certes, on nattend pas du pape qu’il règle tous ces problèmes, mais cest une occasion pour lEglise catholique de rappeler son engagement au service de la justice et de la paix. La dernière lettre de notre Conférence épiscopale est une véritable mise en demeure adressée aux autorités politiques.

Tous ces soucis ne nous ont pas empêchés de célébrer Noël avec la ferveur que lon connaît chaque année, avec lémulation entre les chorales, qui sont des lieux privilégiés de rencontres de la jeunesse, avec la conviction que le pire nest pas le plus sûr pour une population qui tente de survivre dans un contexte de crise économique aggravée par la pandémie, et par les affrontements en Ukraine et sur nos frontières. Bien plus, nos engagements se poursuivent avec vigueur auprès des plus vulnérables, au Centre Nyota de Bukavu et au centre professionnel de Kamituga, que notre réseau Germes despérance soutient grâce à votre fidélité. 

Nous venons de vivre de moments forts au centre Nyota : la célébration douverture de lannée où linstitution a été confiée au patronage de Sainte Marie-Madeleine, elle qui a connu un passé très difficile et qui a été transformée par sa rencontre avec le Christ au point quelle est devenue la première à annoncer sa résurrection. À cette occasion, tous se sont réjouis de la bénédiction pontificale envoyée par le pape François sur le personnel et les survivantes accueillis par le centre. Ce fut une explosion de joie.  


De même, à la fin du trimestre, la proclamation des résultats accompagnée dune fête fut particulièrement bien animée par les filles engagées dans lEcole de la paix qui est une activité proposée aux volontaires dans le cadre du Centre pour devenir médiatrices de paix dans les milieux quelles ont dû fuir à cause des violences.  


Tout cela, ce sont des « germes despérance » que je continue à partager avec vous. Dabord, pour montrer que laide que vous apportez donne de nombreux fruits, cest pourquoi je vous propose le visage de certaines jeunes qui ont retrouvé la joie de vivre, ensuite, pour qu’au moment où vous faites lexpérience de certaines privations à cause de laugmentation des prix de lalimentation ou déventuels délestages dapprovisionnement en électricité,  vous puissiez vous sentir solidaires de nos combats et de la sobriété que vous pouvez choisir mais qui, ici, nous est imposée depuis longtemps par le dysfonctionnement des institutions étatiques.

 

Jeunes filles du Centre Nyota : proclamation des résultats.

Personnellement, je suis toujours engagé dans la nouvelle mission dont je vous ai déjà parlé : la formation de 29 jeunes rwandais, burundais congolais, qui se préparent à devenir missionnaires dans notre société apostolique. Vivre au quotidien avec ces jeunes me demande un effort dadaptation mais mapporte aussi un rajeunissement, grâce à leur exigence et à leur dynamisme. Le défi pour moi est de redevenir professeur de philosophie après avoir arrêté il y a 40 ans, ce qui exige un travail de recyclage et une préparation approfondie de mes cours. Pas si évident. Par ailleurs, je suis reconnaissant de pouvoir terminer cette année de transition 2022 dans la paix profonde et la joie de mon engagement de prêtre et de missionnaire. Année de transition par le passage de la formation permanente en lien avec Rome à la formation initiale qui me demande une plus grande stabilité ici à Bukavu. Transition parce que cela a impliqué un changement de communauté, de rythme, dhoraires, de nourriture, dactivités, que je vis heureusement de mieux en mieux. Le défi pour nous est dassurer la qualité de formation quattendent ces jeunes généreux, ce qui suppose de la part des formateurs un engagement sans faille où nous sommes cohérents entre ce que nous enseignons et la façon dont nous le mettons en pratique au quotidien. Les jeunes nous observent et sont parfois sur leur faim. 


Ce que je viens de vous partager vous permet de comprendre pourquoi j’ose, encore une fois, vous souhaitez une année 2023 de paix et de croissance intérieure… Il y a toujours plus en nous que ce que nous pensons souvent Il ny a pas dâge pour souvrir et continuer à sémerveiller. Encore une fois, jécris ton nom espérance. Bernard 

L’équipe de formation du Centre Nyota en récollection 

Un grand merci à ceux et celles qui nous aident, au nom de ceux et celles qui en bénéficient ! Notre objectif est de les rendre autonomes demain. 

Cette année, l’association Garonne Animation (Toulouse) et la Fondation Roi Baudouin (Belgique) ont fait un don à Germes d’Espérance. Nous les en remercions vivement. 


 

mardi 8 novembre 2022

SUD KIVU, Le centre Nyota commence son année patronale


Ce lundi 31 octobre 2022, une Messe d’ouverture de l’année scolaire 2022-2023 s’est tenue au Centre Nyota à Bukavu pendant laquelle ce centre a été dédié au patronage de Sainte Marie Madeleine.

Présidée par le Père Bernard Ugeux, elle a connu la participation des toutes les filles du centre Nyota, les membres du personnel et des anciennes.

A l’issue de cette célébration, trois cadeaux ont été offert au centre Nyota par le Père Bernard Ugeux dont la photo de la Sainte Marie Madeleine, une promesse de don pour l’équipement du Centre par les bienfaiteurs et une bénédiction Apostolique du Pape François adressée à la directrice, à tous les membres du personnel et aux filles qui étudient à ce centre.

Dans son message, la directrice du centre Nyota Noëlla, indique qu’aujourd’hui ce centre commence son année patronale.  Tout en donnant le bien-fondé de cette journée, elle précise que le centre Nyota a choisi Sainte Marie Madeleine comme leur patronne parce qu’elle été la première femme à avoir proclamé la résurrection du Seigneur. Elle rappelle que Marie Madeleine été une femme pécheresse mais quand elle a rencontré Jésus, elle s’est convertie, a changé de vie et s’est mise à la suite de Jésus.

A l’égard du Père Bernard Ugeux, la Directrice indique que le Père est présent au nom de Jésus au Centre Nyota. Comme Sainte Marie Madeleine qui a rencontré Jésus a été sauvée, ainsi, les filles du centre Nyota qui participent aux activités du Centre ont accès à la guérison et peuvent rencontrer le Seigneur..

Maman Noëlla en a profité pour remercier le réseau Germes d’Espérance pour le soutien qu’il ne cesse de donner au centre Nyota.

Rappelons que le Centre Nyota se trouve en République Démocratique du Congo, ville de Bukavu en Commune de Kadutu. Ce centre appartient à la Paroisse Saint François Xavier de Kadutu et s’occupe de l’accompagnement et de l’éducation des filles victimes des violences diverses et de vulnérabilité sociale à l’Est de la RDC.

Dans les prochains jours, la vidéo de cette activité sera déjà disponible sur YouTube pour ceux qui la désirent.

Reportage de Destin BYANDIKE


vendredi 7 octobre 2022

Lettre de la Savane N°51

 


Chères amies, Chers amis,

Le mois de septembre se termine dans un climat de morosité avec une recrudescence du Covid en Europe, les conséquences économiques, financières, politiques et militaires de l’agression de la Russie et les inquiétudes climatiques.

Je voudrais cependant commencer par vous partager des signes d’espérance qui peuvent nous encourager, même s’ils se passent loin de la plupart d’entre vous. Il y a tout d’abord la fécondité et la générosité des Eglises d’Afrique qui, en plus d’un engagement impressionnant des laïcs, a célébré cet été une multitude d’engagements à vie de jeunes hommes et de jeunes femmes au service de l’Eglise et de l’Afrique. Que ce soient les vœux dans les congrégations religieuses masculines ou féminines, ou les ordinations dans les diocèses et particulièrement dans notre Société des Missionnaires d’Afrique. Cette année, nous célébrons pour notre Province d’Afrique Centrale (Burundi, RD Congo, Rwanda) 11 ordinations presbytérales (prêtres) et 7 ordinations diaconales. Sans compter la fondation de nouvelles paroisses.

Au Centre Nyota, que soutient fidèlement Germes d’Espérance, les résultats sont toujours aussi encourageants. Pour l’examen national de de fin d’études primaires, nous avons obtenu 20 réussites sur 20 avec une moyenne de 80%. Nous figurons parmi les premières écoles de la Province. Pour le Jury provincial de couture, cela donne 23 réussites sur 23, avec cependant une certaine baisse de la moyenne des résultats cette année. Sans votre soutien, ces jeunes filles n’auraient jamais pu présenter ces jurys. Chacune a reçu un kit pour créer son micro-projet.


Chaque finaliste a reçu une machine à coudre pour commencer son atelier.

Par ailleurs, malgré le peu de temps passé en Europe à cause de ma nouvelle fonction dans la formation initiale, j’ai pu animer une dernière fois à Rome la session pour les confrères et consœurs séniors sur « l’art de vieillir dans la grâce et la sérénité ». Ils étaient 18 participants. J’ai dû faire appel à l’un d’eux, pressenti pour me succéder, pour remplacer au pied levé la religieuse qui co-anime habituellement ces sessions avec moi et qui était empêchée pour raison de santé.

J’ai donc dû assumer l’animation et la transmission. Ce fut assez lourd, mais tout s’est bien passé. Jetez un coup d’œil :

https://mafrome.org/session-des-seniors-2022/  


Témoignage d’une participante (80 ans) : « 

Je me sens confirmée dans ce qui était déjà une conviction croissante, à savoir que ce temps de vieillesse est un temps de GRACE et sera fructueux dans la mesure où je laisse l'Esprit travailler en moi et à travers moi. Je reste missionnaire jusqu'à la fin de ma vie....

C'est une joie et une découverte d'être avec nos frères Missionnaires d’Afrique.  Bien sûr, je les ai souvent rencontrés dans le passé, mais ce temps passé ensemble à prier et à partager d'égal à égal a été une bénédiction et quelque chose en moi a changé en conséquence ».

A côté de ces bonnes nouvelles, il y a l’évolution actuelle de la RDC. Victime d’agression de la part d’un groupe armé (le M23) soutenu par des voisins, le pays n’arrive pas à reconquérir son territoire pour le moment. Les casques bleus, dont la population demande le départ, n’arrivent pas à gérer la situation. Ils sont pourtant présents en RD Congo depuis plus de 20 ans, comptent plus de 20.000 hommes de troupe, coûtent 1,5 milliards de $ par an (60 états contributeurs). Les gens se disent que si on avait investi cette somme pour l’équipement et la formation de l’armée congolaise, celle-ci serait capable d’assurer sa mission régalienne. Mais ce n’est pas encore le cas.

En outre, la multiplicité des groupes armés illégaux (environ 130) provoque des déplacements massifs. Radio France

International précisait récemment : « À elle seule, la RDC compte 5,5 millions de personnes déplacées et 1 million de réfugiés en 2021. Un cas d’école en matière de négligence internationale, malgré le déploiement coûteux de la Monusco depuis 1999, une mission des

Nations unies aujourd’hui sur le départ. Alors que 27% de sa population a souffert de la faim en 2021, aucune réunion de haut niveau de pays donateurs ne s’est tenue sur la RDC, et seulement 44% des 2 milliards de dollars demandés par les Nations unies pour l’aide humanitaire ont été accordés. La situation s’est aggravée cette année avec la résurrection de la rébellion du M23 dans le Nord-Kivu, les tensions avec le Rwanda voisin et une insécurité alimentaire persistante. « C’est l’une des pires

crises humanitaires du siècle, souligne Jan Egeland. Et pourtant, ceux qui disposent du pouvoir de changer la donne, en Afrique comme ailleurs, ferment les yeux sur les vagues d’attaques brutales et ciblées à l’encontre des civils, qui brisent les communautés ». Ce rapport signale donc que 27 % de la population souffrent de la faim, mais les élus sont accusés de toucher un salaire de 21.000 € par mois, en comptant tous les avantages annexes dont ils bénéficient. 


Les déplacés des affrontements armés manquent de tout. (RFI).

 

Pourtant, avec l’augmentation du cours du cobalt, le RDC a d’énormes ressources… mais exploitées parfois en dépit des droits humains par certaines compagnies minières.

Un film d’investigation vient de sortir qui dénonce cette exploitation. Je vous invite à aller le voir. Il montre aussi les risques du tout électrique dans les moyens de transport

(nuisances dans la fabrication des batteries). 

  


Voici donc, bien chers amis et amies, un mélange d’espérance et de soucis, comme partout dans le monde. Merci de continuer à cheminer avec nous, de nous donner les moyens de continuer à semer des Germes d’espérance au sein d’une population très vulnérable. 

A l’heure où je vous écris, je me prépare à partir le 1er octobre pour Kinshasa où je donnerai encore une session avant de rejoindre la maison de formation du Bukavu où je réside et enseigne désormais.

Vingt-neuf jeunes sont arrivés ces jours-ci, ils se préparent à devenir missionnaires et nous sommes avec eux pour les former humainement et intellectuellement, et pour les accompagner spirituellement. Merci de prier pour eux.

Une des cinq presqu’îles de Bukavu, sur le lac Kivu.


Un grand merci à ceux et celles qui nous aident, au nom de ceux et celles qui en bénéficient ! Notre objectif est de les rendre autonomes demain.

Bernard Ugeux. 


mercredi 28 septembre 2022

Avec le Christ le cœur ne vieillit jamais

Session Des Séniors 2022



Quelle bonne nouvelle pour les 18 participants lorsqu’ils ont appris que la rencontre des aînés aurait lieu de nouveau à Rome après presque 3 ans sans rencontre !   Nous nous sommes donc réunis : 12 M.Af. : 1 Rwandais, 1 Allemand, 3 Hollandais, 3 Britanniques, 3 Belges et 6 SMNDA : 4 Canadiens, 1 Britannique et 1 Français, accompagnés de Bernard Ugeux -Belge. – et Terry Madden- britannique.

Nous avons reçu un très bon accueil de la part des différents groupes présents à la maison généralice des SMNDA. L’esprit convivial de la maison nous a permis de nous sentir chez nous et de profiter au maximum du cadeau que nos deux instituts nous avaient offert : un pèlerinage, un voyage vers nous-mêmes, nos frères et sœurs et Dieu.

Parmi les moments forts de cette période spéciale, il y a eu la joie de se retrouver, parfois après de nombreuses années, la joie de rencontrer d’autres personnes pour la première fois et de prendre conscience du grand nombre de jeunes M. Af. qui étudient ici à Rome.

Nous avons apprécié le contenu et le rythme du programme qui était bien adapté à notre étape de vie, donnant du temps pour la réflexion personnelle, la prière, le partage et la socialisation… Nous avons apprécié les visites aux services de la Maison, au Pisai, à Assise et les réunions avec nos équipes générales et nos économes.

Nous sommes particulièrement reconnaissants à Bernard dont la longue expérience de ces rencontres nous a tant enrichis et à Terry qui, au pied levé, a été appelé à remplacer Helga comme co-animateur.   Nous avons admiré son courage de se lancer dans une telle aventure !

Aujourd’hui, alors que cette expérience touche à sa fin, nous sommes mieux équipés pour aller de l’avant et vieillir avec grâce, prêts à vivre l’invitation de notre Pape :  “Nous devons vivre notre foi avec un cœur jeune, avec le Christ le cœur ne vieillit jamais”.

Divers auteurs participant à la session.

mercredi 7 septembre 2022

MANIFESTATION ANTI-MONUSCO, plusieurs dégâts ont été déplorés


Depuis le mois de juillet, plusieurs manifestations ont été organisées pour solliciter le retrait immédiat de la Mission Onusienne en RDC.

Cela après que certaines autorités congolaises aient fait des déclarations publiques pour exprimer ce besoin sollicité depuis un certain temps par le peuple Congolais. D’après nos sondages, ceci laisse à croire que les propos de personnalités hautement placées à Kinshasa tenus au Nord et au Sud-Kivu depuis le mois de juillet denier seraient à la base des soulèvements populaire à l’Est de la République Démocratique du Congo, qui causa plusieurs morts et blessés voir même des pillages de biens matériels.

Les personnes mal intentionnées ont profité de cette cacophonie pour occasionner un chaos total déstabilisant les officiers de la Monusco mais aussi le paisible citoyens.

Selon Kinshasa, une commission spéciale a été mise en place et est arrivée à Goma conduite par le Vice-premier ministre de l'intérieur et qui a donné un rapport-bilan humain de trente-six morts dont treize dans la ville de Goma, treize à Butembo, y inclus quatre casques bleus, quatre morts à Uvira au Sud-kivu, trois à Kanyabayonga et trois à Kasindi". Selon ce même rapport, il a aussi été dénombré près de cent soixante-dix blessés.

Le Président de la République Felix TSHISEKEDI a fait part de sa totale désapprobation à propos du comportement des casques bleus à la base de ces incidents et de la nécessité de s'assurer que les coupables soient sévèrement sanctionnés.

Félix-Antoine Tshisekedi a rappelé au Secrétaire général de l'ONU que le retrait du M23 (un groupe armé qui opère à l’Est de la RDC depuis 2012) de toutes les localités actuellement occupées conformément aux communiqués de Nairobi, à la feuille de route de Luanda et à la déclaration du Conseil de sécurité des Nations unies du 1er juin 2022 est une condition nécessaire à la baisse de la tension.

Rapporte Radio Okapi : https://www.radiookapi.net/2022/08/03/actualite/securite/bilan-revu-des-manifestations-anti-monusco-en-rdc-36-morts

Signalons que la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) fut créée par la résolution du Conseil de sécurité n° 1279 du 30 novembre 1999, afin d’élaborer des plans en vue de l’observation du cessez-le-feu de Lusaka signé en juillet 1999 entre la République démocratique du Congo (RDC) et cinq États de la région (Angola, Namibie, Ouganda, Rwanda et Zimbabwe), et du désengagement des forces, et de maintenir la liaison avec toutes les parties DE l´accord. Par une série de résolutions ultérieures, le Conseil étendra le mandat de la MONUC au contrôle de l’application de l’accord de cessez-le-feu et lui attribuera plusieurs autres tâches connexes.

https://monusco.unmissions.org/historique - :~:text=La%20Mission%20de%20l'Organisation,d%C3%A9mocratique%20du%20Congo%20(RDC)%20et

Suite aux dégâts évoqués, la jeunesse du Sud-Kivu n’est pas restée silencieuse, le 28 juillet 2022, le Collège provincial des Etudiants du Sud-Kivu par le biais du porte-parole provincial a appelé ces derniers à la retenue et au calme, au regard des manifestations signalées ces derniers jours, pour exiger le départ de la Monusco. Il a alors appelé les étudiants à ne pas manifester, pour ne pas risquer de faire couler encore le sang des congolais, par des manifestations violentes.

Dans un communiqué rendu public ce jeudi 28 juillet 2022, le Collège des Etudiants dit reconnaitre qu’il est vrai que la situation sécuritaire se dégrade fortement à l’Est de la RDC, sans que la mission Onusienne ne mette en œuvre des actions adéquates pour endiguer la violence des groupes armés.

Pour l’Eglise catholique au Sud-Kivu, l’archevêque de Bukavu François-Xavier Maroy Rusengo s’est exprimé ce vendredi 29 juillet 2022 à la suite des tensions anti-Monusco et a proposé une journée de deuil.

Dans son message, l’archevêque de Bukavu a appelé toute la population à la paix en évitant des actes qui peuvent profiter à ses bourreaux. Il poursuit en proposant par ailleurs que le 3 août 2022 soit une journée pour pleurer les morts du Kivu et de l’Ituri.

En poursuivant, François-Xavier Maroy ajoute qu’aux côtés de la société civile, l’Eglise va organiser des cadres de réflexion pour proposer des moyens de faire entendre la voix de notre peuple, réclamant ses droits dans la non- violence active et évangélique.

L’Archevêque de Kisangani et Président de la CENCO, déplorait la situation à Goma et à Butembo en ces termes : « la CENCO comprend la colère des compatriotes qui participent à ces manifestations. En outre, comme eux, elle estime que le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et la MONUSCO ont montré leurs limites dans leur mission de sécuriser les populations exposées aux attaques des groupes armés en R.D. Congo. Pour la Société civile, bureau de coordination du Sud-Kivu, la journée du 04 aout a été une journée ville et Province morte pour exprimer vivement sans violence ni vandalisme au gouvernement Congolais et à la communauté internationale la volonté de voir la Monusco partir vite de la RC. Congo. Dans un communiqué du bureau de coordination de la société civile, il soutient l’appel de son excellence l’archevêque de Bukavu de faire de la journée du 03 aout 2022 une journée de deuil et de prière.                                                                    

Destin BYANDIKE pour Germes d’espérance.


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