lundi 25 octobre 2021

LA FRAUDE ET LA CORRUPTION, UN DEFIT POUR L’ECONOMIE AFRICAINE (25 oct.2021)

 

L’Afrique en générale, fait face à une évasion fiscale, minière etc. au détriment de la population autochtone.  Cela est constaté dans plusieurs pays africains alors que la majorité de ses derniers n’ont aucune ressource à part les impôts et taxes payés par des citoyens.

Cette pratique s’est vue à plusieurs frontières, ports, aéroports et se fait la plupart par des nationaux. L’on constate des personnes politiques en Afrique qui ont dans leurs comptes plusieurs millions des dollars alors que les pays fonctionnent avec des budgets insignifiants.

C’est ainsi que vous trouverez des personnes en Afrique qui sont 10 fois plus riches que leurs pays alors qu’ils travaillent au compte du gouvernement.

Dans les pays qui possèdent des ressources naturelles, cette pratique prend de l’ampleur à la merci de la population et la plupart attendent des aides venant de l’occident à travers des ONG pour réaliser des petits projets qui seraient bénéfique à la population victime alors que la bonne canalisation des ressources que possèdent ces pays favoriserait une croissance de l’économie et l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

Lors des élections en Afrique, tous les candidats à tous les niveaux promettent et font des discours allant dans le sens d’un changement positif, mais hélas, une fois au pouvoir, ils se noient aussi dans le même système qu’ils semblaient combattre dans leurs speeches au départ.

L’on constate des acteurs politiques qui se payent des villas en Europe et ailleurs alors que l’économie de leurs pays reste par terre. La majorité des pays Africains vivent grâce aux crédits qu’ils demandent par ici par là sous prétexte d’améliorer les conditions des vies et favoriser l’économie mais cela reste loin de la réalité. Cette pratique laisse à croire qu’il y a une main noire occidentale qui ne permet pas aux dirigeants Africains de prendre conscience et décider de la suite de l’émergence de leurs propres pays. C’est une excuse.

Aujourd’hui l’on attend un slogan « Le Président Touriste », tout cela parce que les dirigeants passent une grande partie de leur mandat à l’extérieur. Cette situation fait que le peuple ne leur fait plus confiance alors qu’ils devraient rester dans leurs pays et suivre de près la traçabilité des ressources et mener une lutte pour mettre fin à la corruption afin de contribuer au développement au lieu de circuler dans le monde à la recherche d’aides et de dons.  Pourtant l’on regorge des ressources qui peuvent stimuler le développement continental. (À l’exemple du défunt président MAGUFULI de la Tanzanie qui a servi de modèle pour les dirigeants africains)

Dans certains pays, la corruption commence au plus bas niveau, pour voir une autorité, on commence par donner l’argent à la sentinelle afin d’avoir accès dans l’enclos, en suite le secrétaire pour finir par l’autorité en question pour accéder à un service public, ce qui étonne, la grande partie de l’argent qu’on donne est sans reçu ni pièce justificative. En RDC on ose appeler cela la motivation.

La seule question que l’on peut se poser est de savoir si l’argent qu’on donne pour des services publics entre dans la caisse de l’Etat ou bien on paye pour enrichir des personnes qui pillent les richesses de nos pays pour des intérêts égoïstes.

Au niveau des frontières en Afrique, de l’argent entre mais l’Etat ne bénéficie que d’un quart, le reste, va dans les poches des douaniers et autres fonctionnaires. Aux ports, aéroports et routes, la fraude et corruptions sont orchestrées par les agents de l’Etat qui y sont affectés.

C’est comme ça que vous trouverez dans certaines villes, la police de circulation qui se transforme en mendiant en demandant de l’argent aux chauffeurs au lieu de contrôler les documents nécessaires pour la circulation.

Cela laisse à croire que seul l’argent ne peut pas développer un pays du fait que si l’on évalue l’argent qui est déjà entré en Afrique et son impact, on peut se rendre compte que l’Afrique n’a pas tant besoin de l’argent que la liberté, la traçabilité, la prise de conscient par des citoyens et les autres.

Chers dirigeants, chers citoyens, chers partenaires internationaux, conjuguons les efforts pour une croissance intégrale de l’économie de l’Afrique.

Prochain Article : La gaz méthane dans le Lac Kivu au Congo, un danger pour plus de quatre millions des personnes

Par Destin Byandike


samedi 9 octobre 2021

Seul l’amour est digne de foi. (09 oct. 2021)


L’orage tropical se déchaîne sur la ville au moment où, dans l’obscurité, les neuf fillettes se faufilent dans la maisonnette qui vient de s’ouvrir à elles. En haillons, sales, certaines dévorées par la galle, elles vont enfin pouvoir dormir ailleurs que sous un arbre ou dans une carcasse de voiture. Cela fait combien de temps qu’elles ont étés chassées de la maison familiale, accusées de sorcellerie ? parfois des mois… Les unes, parce que la nouvelle épouse de leur papa ne veut plus d’elle. Une d’entre elles est accusée d’avoir provoqué les fausses couches de la seconde épouse. Une autre de l’anémie de sa tante… Mais, en réalité, c’est bien souvent parce que la misère est telle à la maison qu’on ne peut ou ne veut plus les nourrir et les loger, surtout si elles viennent d’un autre lit. Enfin ! Aujourd’hui, elles passeront la nuit au sec, même si le confort est relatif avec de simples couvertures qui recouvrent le ciment.

Par quel hasard échouent-elles ce soir là dans ce gîte providentiel ? C’est d’abord grâce à des animatrices d’un centre pour enfants de la rue qui faisaient une enquête sur les garçons abandonnés. Elles ont alors découvert qu’il y avait aussi des fillettes qui avaient été chassées de leur foyer, accusées de sorcellerie. Certaines étaient passées par des « chambres de prière » où un pasteur les obligeait à rester enfermées seules dans une chambrette, durant de nombreux jours, sans manger ni boire, les amenant régulièrement pour de bruyants rituels de guérison ou de dépossession dont ils ont le secret, très lucratifs. Terrorisées, quelques unes ont réussi à s’enfuir et se sont retrouvées dans les terrains vagues et les détritus de la cité.  Touchées par ces témoignages, les jeunes enquêtrices apportèrent leur rapport au responsable, décidées à venir en aide à ces petites abandonnées. Mais il n’en était pas question.

« Pas de sorcières dans notre centre ! », déclare celui-ci, qui tient à sa réputation. Les animatrices sont atterrées. Elles apprennent alors qu’une personne s’occupe de handicapés et est particulièrement accueillante. C’est ainsi qu’elles viennent plaider la cause des petites auprès de N., une assistante sociale appartenant à un institut séculier, qui est bien embarrassée. Comment les accueillir ? Celle-ci réalise soudain que la maisonnette qu’elle vient de recevoir pour commencer un secrétariat public pour des handicapés pourrait les accueillir au moins pour quelques jours. Elle se dit : « puisque j’ai cette clé en poche au moment où les enfants me sont amenées, je ne puis refuser ». Mais elle exige que deux animateurs les accompagnent car elle ne peut assurer la permanence. Elle est surtout préoccupée des réactions du voisinage si on sait que des « sorcières » sont hébergées dans le quartier. Est-ce un signe du ciel ? Au même moment arrivent dans la ville un grand nombre d’enfants non-accompagnés qui proviennent de l’autre côté du lac, où la ville vient d’être en partie ravagée par un volcan en irruption. Les petites seront donc assimilées à ces enfants non accompagnés. Pourtant, à ce moment, N. se demande si c’est vraiment à elle d’assumer ses enfants, car elle a d’autres engagements dans un centre social et vis-à-vis des handicapés.

Elle cherche un signe car elle n’a pas actuellement les moyens de les prendre en charge. Or voici que quelques jours après, elle reçoit un gros colis d’Italie remplis de vêtements, de pyjamas et de chaussures pour fillettes… Elle considère alors qu’elle a reçu sa réponse et décide de s’investir à plein temps dans l’aventure. Quelques handicapés sont aussi engagés pour certains services au foyer naissant. Ils deviennent vite nécessaires car, en peu de temps, les 6 copines de celles qui étaient arrivées chez N. ont retrouvé leurs traces et demandent aussi l’asile. Après deux mois, elles sont plus de vingt, pas toutes accusées de sorcellerie. Certaines ont été battues et chassées de la maison sans motif sérieux, d’autres ont été violées et ont besoin d’être reconstruites… On sait qu’un enfant battu par un adulte pense que c’est de sa faute. Aujourd’hui, 8 ans après, le foyer accueille 37 enfants pour une durée parfois de plusieurs années, le temps pour elles de retrouver un nouvel équilibre et, pour les familles, d’accepter une médiation progressive afin de les réinsérer dans leur milieu. 70 filles sont retournées en famille, certaines sont encore aidées pour leur scolarisation. Mais il y a aussi 600 autres fillettes en difficulté qui ont été repérées par les animateurs et qui ont besoin d’aller à l’école.

Grâce aux comités de vigilance créés dans les paroisses, elles ont été enregistrées et en partie prises en charge afin d’être scolarisées (l’enseignement primaire est payant dans ce pays !). Cette action s’est accompagnée de campagnes de sensibilisation des parents à propos des violences enfantines. On leur rappelle que le fait d'accuser une personne de sorcellerie est punissable par la loi. Quant aux aînées qui ont terminé leur scolarisation, un cours de coupe couture et la fourniture, à la fin de l’année, d’une machine à coudre aux plus investies d’entre elles, leur évitent de retourner à la rue (et parfois à la prostitution ; un tiers sont des mamans célibataires). Enfin, puisque la cause de ces drames est la pauvreté, les familles de ses enfants qui sont sans revenus reçoivent des instruments aratoires pour cultiver un lopin de terre, améliorer leur subsistance et acquérir une nouvelle autonomie…

Faut-il dire que tout cela ne se fait pas sans une détermination et une espérance dont N. ne se départit pas ? Avec très peu de moyens, et uniquement l’aide d’amis africains et européens, elle s’active à faire fonctionner ce foyer au jour le jour avec une équipe de jeunes animateurs… La plus belle récompense ? Le retour à la maison quand c’est possible… En attendant, ce sont les rires et la joie des enfants quand on s’approche du foyer, même si certaines restent encore fragiles… Mais elles s’essaient tout doucement à commencer un chemin de pardon… Nous les prenons par la main. J’écris ton nom « Espérance ».

B. Ugeux

http://www.lavie.fr/sso/blogs/blog.php?id=1459


lundi 4 octobre 2021

Rentrée scolaire 2021-2022 au Sud-Kivu (04 oct. 2021)

Ce lundi 04 septembre 2021, plusieurs élèves de l’école primaire et secondaire sont visibles sur les artères de la ville de Bukavu où nous nous retrouvons actuellement.

Dans les écoles, une autre réalité se présente, celle de l’absence dans les écoles publiques et conventionnées de plusieurs enseignants à la suite du non payement de leur salaire par le gouvernement congolais, alors que le gouvernement avait promis la gratuité de l’enseignement de base sur toute l’étendue de la République. Une initiative longtemps attendue par les parents d’élèves.

Néanmoins, dans le privé, ce n’est pas le cas, ici les cours ont repris normalement ce lundi matin. A la Franchise par exemple, une école située dans la colline de Karhale à Bukavu, où nous avons été ce matin, les responsables semblent être déterminés pour la réussite du déroulement de cette année scolaire, étant donné que la situation de la Covid19 paraît plus stable dans ce coin par rapport à l’année passée.

Au centre Nyota, qui s’occupe de la formation professionnelle et du rattrapage scolaire des jeunes filles victimes de violences parfois liées au sexe, la rentrée a eu lieu normalement. De passage à cette école, l’on note la présence des encadreurs dans toutes les classes et les jeunes filles qui apprennent différents métiers et celles qui sont dans le programme de l’alphabétisation et le rattrapage scolaire.


Selon la directrice de ce centre, elle estime que pour cette année, le centre parviendrait à accompagner plus de 250 filles en différentes formations qu’organise ce dernier.

Elle termine en remerciant le Père Bernard Ugeux et son réseau Germes d’Esperance qui soutiennent la formation de ces filles dans ce centre.

Destin BYANDIKE KAD.


lundi 27 septembre 2021

Nouvelle Lettre de la Savane N°47 de septembre 2021




Chères amies, Chers amis, 

Je vous rejoins alors que l’automne s’invite dans l’hémisphère nord et que je me prépare à rejoindre l’hémisphère sud. En effet, ce 2 octobre je m’envole pour la RDC afin d’y reprendre mes activités pastorales et caritatives. Muni de trois vaccins contre la Covid et d’un test PCR négatif, j’espère que tout se passera bien dans l’avenir.

Je voudrais vous remercier de tout cœur pour la façon dont vous m’avez accueilli en ce temps de congé, pour des moments de détente, de travail (conférences, réunions pour recherche de fonds, émission radio, etc.), de retrouvailles familiales et amicales. Ce fut un temps très riche qui a été marqué par le triple jubilé que je célèbre cette année et que beaucoup d’entre vous m’ont souhaité avec beaucoup d’amitié par leurs messages ou lors de leur participation à la fête qui s’est déroulée le 11 septembre à Parisot dans le Tarn. 

Après la célébration eucharistique dans une chapelle ancienne récemment restaurée, nous nous sommes retrouvés pour des agapes fraternelles dans la propriété de mes amis Nouvellon.

En fin de repas, les participantes et participants, que j’ai rencontrés dans des contextes très divers, ont évoqué à quelle occasion nous nous sommes découverts et ce qui a maintenu l’amitié entre nous. Cette sorte de « relecture du cœur » m’a apporté beaucoup de joie et m’a permis de faire mémoire de la fécondité de ces 17 ans que j’ai passés à Toulouse et des rencontres qui se sont poursuivies à l’occasion de mes congés. Une fois de plus, je rends grâce au Seigneur de s’être servi de moi pour faire connaître son amour.


Votre amitié fidèle est, avec ma relation au Christ et ma vie de communauté, un soutien irremplaçable sans lequel je ne pourrais pas mener ma mission dans un pays marqué par beaucoup de violence et de désordre, mais aussi de courage, de solidarité et de créativité de la part de populations laissées à elles-mêmes. Merci encore de tout cœur pour votre soutien affectif et financier qui m’est si précieux, ainsi qu’aux personnes vulnérables dont je m’occupe. Voici le lien du Jubilé au Centre Nyota :  https://1drv.ms/v/s!AuMalqelnvJ1hf5M9rBpm3jyCGukqw?e=Moe5DH

Nous sommes quelques-uns à travailler sur la façon d’assurer la pérennité des projets de Germes d’Espérance, avec des soutiens de France, de Suisse et de Belgique.

Cette année ici encore, les résultats des centres Nyota (Bukavu) et Kamituga (diocèse d’Uvira) ont été excellents. Pour le centre Nyota, 100 % des 24 candidates au jury d’enseignement primaire ont réussi, ainsi que les 31 candidates au jury national de coupe et couture. Les éducateurs et enseignants ont fait preuve d’excellence et sont d’un très grand dévouement.




Je voudrais dire un mot à propos du trafic humain. Vous savez sans doute que c’est un des trafics mondiaux les plus lucratifs, après ceux des armes et de la drogue. La RD Congo est évidemment aussi impactée par ce trafic. Ce trafic ne concerne pas seulement des personnes exploitées d’un continent à l’autre. Certes, j’ai eu moi-même l’occasion de rencontrer des jeunes Congolais qui voulaient partir vers des camps de réfugiés de pays limitrophes, à partir desquels on leur avait promis le voyage vers l’Amérique du Nord pour étudier gratuitement, et un jour s’y installer. Des jeunes filles sont venues me voir, appâtées par des rabatteurs travaillant en réseau, qui leur avaient promis de leur payer des études à l’étranger. Désireuses d’étudier et aussi d’aider leur famille, ces jeunes m’ont demandé de leur fournir l’argent du passeport (plusieurs centaines de dollars). Quand je leur ai demandé par quel réseau elles partaient et qui étaient les intermédiaires, il a été impossible de tracer les personnes qu’elles avaient rencontrées. J’ai donc refusé de leur payer le passeport malgré leur insistance et même leur colère.

Mais ceci n’est qu’une petite partie du trafic qui se développe sous nos yeux, il y a surtout autour de nous les maisons de tolérance qui emploient des mineurs, les mines d’or ou de cobalt qui utilisent des enfants comme des esclaves, les groupes armés qui enlèvent des enfants pour qu’ils deviennent soldats ou « épouses » de leurs guerriers, etc. Tout cela représente des facettes du trafic humain. Je considère donc que le travail réalisé par notre réseau Germes d’espérance, en arrachant des filles à l’esclavage, à la prostitution, en extirpant des mines d’or des enfants exploités afin de leur apprendre un métier, représente une résistance concrète au trafic humain. Ayant acquis une compétence et une autonomie, ces jeunes sont moins tentés par les réseaux de trafic.

Dans ce cadre, je collabore avec un Réseau international (Talitha Kum) qui a été initié en 2009 par l’Union Internationale des Supérieures Générales et des Supérieurs Généraux des congrégations religieuses de l’Eglise catholique (UISG-USG). Il existe un immense maillage de congrégations religieuses qui recouvrent les cinq continents. 

L’objectif de ce réseau est de : « promouvoir  le travail en réseau entre personnes consacrées et autres organisations sociales, religieuses et politiques au niveau national et international ; renforcer les actions et les initiatives existantes, en optimisant les ressources de la vie consacrée pour promouvoir  des actions de prévention, sensibilisation, protection, assistance et dénonciation de la traite; développer des programmes éducatifs de conscientisation sur ce phénomène; réaliser  des actions prophétiques, en dénonçant les causes de l'exploitation de la vie pour des finalités économiques et la traite des personnes et en promouvant des campagnes pour le changement de mentalité et des habitudes »[1].   Face à un péril mondial il faut une réponse mondiale, ce dont est capable l’Eglise catholique à l’œuvre dans le monde entier. C’est pourquoi je suis engagé dans le réseau de la RDC.

Il me paraît important de vous présenter ce projet qui exprime la volonté de l’Eglise de protéger les plus faibles par des engagements concrets et risqués. Et cela au moment même où, en France, la commission Sauvé va rendre compte des résultats de son travail (le 5 octobre). Créée à l’initiative des évêques de France et du réseau des religieuses et religieux de France (COREF), cette Commission indépendante d’enquête sur les abus sexuels dans l’Église a travaillé durant trois ans . Ce sera un rappel douloureux de ce scandale qui ébranle l’Eglise depuis de nombreuses années.

Pour nous en RDC, C’est une raison de plus pour soutenir les 13 jeunes Missionnaires d’Afrique qui viennent d’être ordonnés prêtres dans notre Province d’Afrique Centrale. Qu’ils osent affronter les défis d’aujourd’hui alors qu’ils rejoignent leur lieu de mission, dans un autre pays que le leur. Je confie aussi à votre pensée et votre prière notre Chapitre Général qui se réunira au mois de mai pour faire le bilan des 6 années passées, et envisager l’avenir des 6 prochaines, dans notre monde bousculé.

Avec toute mon amitié, Bernard

Messe de jubilé à Parisot (Tarn) le 11 septembre avec la chasuble-même de mon ordination (45 ans). Entouré de Michèle et Philippe Nouvellon qui nous ont si bien accueillis dans leur propriété.

Un grand merci à ceux et celles qui nous aident,  au nom de ceux et celles qui en bénéficient ! Notre objectif est de les rendre autonomes demain. 



lundi 20 septembre 2021

Un Centre au service de la jeune fille (le centre Nyota à Bukavu) (20 sept. 2021)

 

Du 26 au 27 août 2021, les filles en coupe et couture au centre Nyota se trouvant à Bukavu au Sud-Kivu ont participé à l’examen national de couture sous le haut patronage de la Division des affaires sociales du Sud-Kivu.

A cette occasion, 31 filles du centre Nyota ont participé et à l’issue de la proclamation, il y eu 31 réussites dont la première Ntalimbirwa Zihindula avait eu 85% et la dernière 54%.

La directrice qui nous a livré une interview, madame Noëlla, tient à remercier la Division des affaires sociales qui a trouvé utile d’accompagner les filles de la formation professionnelle pour l’obtention des brevets et la participation au test national.

Pour rappel, le centre Nyota c’est un centre de récupération et d’encadrement des jeunes filles en situation difficile. La majorité de ses filles avaient été abandonnées par leurs propres parents et par la société et n’ont pas eu la chance d’être scolarisées et d’autres ont abandonné le chemin de l’école suite à la pauvreté de leur famille ou à l’insécurité dans leurs milieux d’origine.

Signalons que ce centre a été créé par les sœurs Dorothée de Cemo, qui avaient comme objectif l’encadrement des filles désœuvrées, mais, à la suite des évènements dus à la guerre, le centre Nyota a été repris par des Laïcs mais qui avaient compris le charisme des Sœurs fondatrices.

Vers 1997, puisque le centre Nyota avait été pillé par les personnes de mauvaise foi, les Sœurs avaient abandonné le centre Nyota.

Les filles accompagnées par le centre Nyota ont un âge qui varie entre 12 et 30 ans. Elles sont vulnérables, certains ont vécus des violences sexuelles, et quelques-unes, encore mineures, ont eu un enfant.  Après la formation, le centre Nyota leur  donne un kit complet composé des machines, pédales et quelques matériels pouvant leurs permettre de créer une activité génératrice de revenu. 

La Directrice a fini en remerciant le Père Bernard Ugeux et son réseau Germes d’Espérance qui appuie financièrement ce centre.

Destin Byandike Kad.

lundi 13 septembre 2021

Problèmes liés à l’environnement (un débat avec les organisations environnementales et les leaders locaux au Sud-Kivu.) (13 sept.2021)

 

Ce dimanche 12 septembre 2021, plusieurs organisations œuvrant dans la conservation de l’environnement au Sud-Kivu, les responsables des communautés ecclésiales vivantes (C.E.V) ainsi que quelques jeunes venus des différents quartiers de la ville de Bukavu et ailleurs réunis dans le réseau MEPE (Mouvement pour l’Education à la Paix et l’Environnement) ont organisé une séance de réflexion autours de questions environnementales dans la salle de la Bibliothèque Francisco du Foyer Ek’Abana accès sur les différents problèmes liés à l’environnement.

A en croire certains jeunes qui ont pris part à la rencontre, ils témoignent leur satisfaction et se disent être déterminés à continuer les sensibilisations pour une prise de conscience dans leurs familles.

Selon ELIYA CANIKIRE Moise, élève de 6ème année, se dit être fière du travail que fait le Mouvement pour l’Education à la Paix et l’Environnement.

Il poursuit en disant qu’il a été édifié sur les techniques de la gestion des déchets dans les ménages avec la technique d’utilisation de 4 sortes des poubelles dont la rouge, jaune, bleue, verte avec ses différents rôles.

Il pense que la me-gestion de déchets dans nos ménages serait à la base aujourd’hui des plusieurs maladies des mains sales à l’occurrence le choléra, la diarrhée etc. mais aussi cela pollue fortement l’aire que nous respirons.


Signalons que la ville de Bukavu, fait partie aujourd’hui des villes en RDC qui connaissent des sérieux problèmes liés à l’environnement et surtout la mégestion des déchets en plastique et autres.



Destin Byandike kad.

lundi 6 septembre 2021

Pour que l’exclusion ethnique ou culturelle ne soit plus une fatalité… (06 sept. 2021)

 


Une des raisons principales des tensions meurtrières en Afrique centrale est la pratique largement répandue de l’exclusion ethnique. La formation des religieux veut prévenir ces divisions.

On sait que la situation dans la région des Grands Lacs est encore marquée par des conflits ethniques qui ont entraîné de graves violences.  Elles ont laissé partout de profondes traces. Or, malgré des efforts louables et généreux,  les exclusions se poursuivent, qu’elles soient matérielles (affrontements armés) ou structurelles (refus de la liberté d’expression ou exclusion de la participation au pouvoir). C’est le résultat d’une longue histoire marquée par l’ethnocentrisme – favorisé parfois par la colonisation – qui a contaminé les Eglises elles-mêmes. Tout cela repose sur le refus – ou l’incapacité - d’accepter l’autre avec sa différence, de considérer l’altérité comme source d’enrichissement et non comme une menace pour sa propre identité. Notons que cette difficulté à honorer la différence se retrouve aussi dans des pays dits plus « évolués » comme les démocraties occidentales. L’incapacité ou  le refus d’accueillir l’étranger et de partager volontairement sa richesse avec lui, et aussi de s’enrichir de lui,  donne un spectacle navrant aux nations du Sud. L’histoire de l’humanité montre cependant qu’il est utopique d’empêcher un flux migratoire massif et que la seule façon de le gérer est de négocier avec les groupes en présence en vue de respecter toutes les identités concernées. Cela demande du temps et de la générosité. Ce dont manque parfois dramatiquement l’Occident…

J’ai l’occasion de donner des sessions d’initiation au vivre ensemble entre cultures différentes, en plusieurs points du Congo, au Burundi, au Burkina Faso, etc. Un des fruits de la catholicité est  la création et la présence de congrégations internationales à travers toute l’Afrique, importées ou nées sur place. Leur existence représente à la fois un défi et une espérance. Une espérance car elles sont appelées à être des laboratoires d’expérimentation d’une mondialisation vécue positivement grâce à l’accueil des différences au quotidien. Un défi quand les jeunes en formation dans une congrégation internationale – et parfois nationale -  sont invités à construite une communauté fraternelle authentique alors qu’ils descendent parfois des bourreaux et des victimes des violences perpétrées dans leurs pays d’origine. Déjà avant ces événements, il existait de nombreuses représentations de l’autre chargées de clichés non critiqués. Mais en outre, ils sont les dépositaires de mémoires blessées et d’identités meurtries ou meurtrières.

Lors des remontées de travaux de groupe dans le cadre d’une session réunissant une demi-douzaine de congrégations de diverses origines ethniques ou nationales, ce qui frappait d’emblée, c’était la découverte de la pleine humanité de l’« autre ». C’est aussi la prise de conscience du nombre de valeurs profondes que les participants ont en commun (accueil, solidarité, hospitalité), même si la façon de les vivre ou de les ritualiser au quotidien est différente. Ils ont réalisé alors que sous la diversité des traditions, il y a l’humanité profonde de tout être humain. Toute culture essaie de répondre à certaines questions de fond comme : qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Il n’existe pas de vie humaine qui n’ait expérimenté  un jour positivement ou négativement les grands événements de la vie que sont l’amour, la fragilité, la mort, le conflit et la réconciliation. Ils ont réalisé qu’en tenant mieux compte de leur héritage commun d’humanité, ils peuvent dépasser – en les respectant ou en les négociant – les aspects de la vie quotidienne qui, dans les petites choses, heurtent leur sensibilité.

Vivre la pluriculturalité dans une dynamique d’interculturalité, c’est découvrir sa propre identité, la richesse de la diversité humaine dans les cultures et les religions  du monde et devenir acteurs d’une mondialisation respectueuse des différences. Car la mondialisation interroge la vie religieuse et parfois interpelle les conseils évangéliques. Comment un jeune d'aujourd'hui qui s’inscrit dans la dynamique de la mondialisation peut-il opter de façon positive – et non comme un refuge – pour la chasteté, la pauvreté et l’obéissance ? Voilà aussi un des thèmes de plus en plus souvent traités ces jours-ci dans la formation des jeunes religieux… Et quelle joie quand une foule immense assiste aux vœux perpétuels de trois jeunes carmélites d’origines culturelles différentes, dans la cathédrale de Bukavu. A cause de son expérience bimillénaire de la catholicité – et dans la mesure où celle-ci n’est pas confondue avec l’uniformité, comme c’est encore parfois le cas – l’Eglise devient signe et source d’une universalité créatrice au service de la justice, de la réconciliation et de la paix.

 

Situation humanitaire à l’Est de la RDC, des milliers des victimes prennent refuges au Burundi.

Source photo : mediacongo.net Guerre dans l’Est de la RDC, plus des 17 853 victimes venant d’Uvira, Walungu, Bukavu, Sake, Kamanyola, Minova...